Courir, la clé du bonheur ?

Courir, ça fait mal

Voilà une idée reçue qui n'a pas volé sa réputation. Mais dire que courir fait mal est un peu radical. Car, avant de faire mal, courir fait surtout du bien. Pourquoi ? Car cela nous permet de quitter notre zone de confort adorée. Parler de zone de confort est très en vogue, et pour cause, c'est bel et bien ce que prise l'ère actuelle des trails et autres défis populaires visant à charger les pattes et la tête. Ainsi, courir permet de vaincre la légendaire flemme, de gagner en courage et de prendre une bonne dose de liberté (et d'endorphines) en traversant une averse. Courir, c'est avoir mal aux jambes et ne pas s'arrêter pour autant, et se faire violence pour pulvériser son chrono du dernier-tour-de-pâté-de-maisons avant d'arriver chez soi. Alors, si tout cela n'était uniquement que souffrance, pourquoi aurait-on envie de rechausser nos baskets dès le lendemain ?

La liberté résumée en une paire de baskets

"Courir, c'est la liberté. Il suffit simplement d'avoir une paire de baskets. On peut y aller quand on veut, le matin ou le soir. Où on veut, en ville ou à la campagne. La progression y est rapide et relativement facile. C'est toute cette liberté d'esprit qui fait le succès de ce sport ", analyse le médecin responsable de l'équipe de France de cross-country et de demi-fond.

Comme quoi, la liberté est aussi simple qu'une paire de baskets que l'on choisit d'enfiler, ou pas !

Anima sana in corpore sano

"Un esprit sain, dans un corps sain". L'adage de Juvénal ne vous est certainement pas inconnu. Et si l'on pense que l'esprit et le corps doivent tous deux être sains, il faut surtout dire que ces deux-là fonctionnent main dans la main. Donnez à votre corps toute la salubrité qu'il mérite, et votre esprit en profitera tout autant. On sait que le sportif se caractérise par un profond bien-être physique… Mais pas que ! Courir est un excellent exutoire à la concentration d'une journée entière passée devant un ordinateur, ou sur un chantier. Courir, c'est faire le vide. "On peut se contenter de regarder les gens, les gargouilles, les façades, nous ne sommes pas dans une concentration professionnelle. De plus, se déconnecter du travail permet d'y revenir avec plaisir". En clair, la course à pied et toute autre activité physique vous permet de reposer votre esprit pour le rendre plus disponible. Oui, c'est bien cela qu'on nomme le jackpot ! Alors, qu'est-ce que vous attendez pour vous y coller ?

Une quête de reconnaissance

"Aujourd'hui, j'ai couru 8 kilomètres".

On vous a vu, vous n'avez pas liké. Votre fil d'actualité Facebook regorge de ce type de publications. Bien loin de vous motiver, ces auto-lancers de fleurs ne font que vous rappeler combien vous vous sentez inférieurs à ces sportifs. Vous savez, si vous courez, vous le faites pour vous. Pas besoin de crier sur tous les toits chaque fois que vous mouillez votre maillot. "Je me souviens, dans les années 80, le semi-marathon c'était vraiment pour les costauds. Maintenant, c'est presque banal (nous ne faisons pas ici référence à la notion de chrono, ndlr). Les gens ont besoin de reconnaissance, c'est un phénomène social. Avant c'était par le travail, et désormais c'est par le sport, en l'occurrence la course à pied. Se comparer les uns aux autres, se valoriser, voire même exister par une performance ou un challenge", c'est la quête moderne de la reconnaissance. Mais à quel prix ? "Je vois parfois des étudiants se lancer dans un défi marathon alors qu'ils n'ont jamais couru dix kilomètres… C'est bien de trouver sur internet un programme gratuit sur six semaines, mais ce qui compte véritablement, c'est ce qu'on a fait avant : l'expérience, le renforcement musculaire, etc. Il ne faut pas pousser à l'extrême sa quête de reconnaissance par le sport". Du moins, pas sans y être préparé. Se lancer des défis, c'est bien. Les réaliser pour soi, c'est mieux ! Et par réaliser pour soi, on entend, avec toute la sagesse et la préparation qui incombe à chaque objectif fixé. Tous les échecs sont permis, sauf celui venant mettre en danger la santé. Pour être heureux en courant, courons intelligemment !

Reprendre le contrôle de sa vie

Se réconcilier avec son corps

"L'appétit vient en mangeant, et le plaisir de courir vient en courant. J'ai beaucoup de patients qui ne faisaient pas de sport et qui ont commencé à courir car ils avaient pris du poids pour diverses raisons : le travail, une séparation, etc. Certains ont perdu entre 10 et 15 kg, et font désormais des marathons sans se prendre la tête ! ". Croire en soi avec la course à pied, c'est mesurer pleinement l'ampleur de ses capacités. Anima sana in corpore sano, on vous avait pourtant prévenu…

La paix dans les ménages ?

Pour le Docteur Boudjemaa, il n'y a pas l'ombre d'un doute. " Le sport, c'est la paix dans les ménages ! Cela permet de rééquilibrer la vie professionnelle et la vie familiale… C'est fabuleux ! Tous les jours, je côtoie des gens qui peuvent en témoigner. À condition de trouver la bonne harmonie entre la pratique sportive et la vie de famille... ". Attention donc à bien prendre en compte les attentes et affinités que votre famille entretient avec le sport… Oui, ceux qui choisissent la destination de leurs prochaines vacances pour faire du dénivelé solo au détriment de la rando avec les enfants, on vous voit !

Alors, courir ouvre-t-il les portes du bonheur ? C'est en tout cas une manière d'aller à sa rencontre et de l'équilibrer. Courir permet de nous sentir vivant dans toute la complexité du terme : de la vie faite de hauts et de bas. Courir, c'est être à la fois fort et vulnérable, tout-puissant et modeste. Allez-y, courez, et vous verrez.

Publié le 09/07/2019