VIE MUTUALISTE - ENVIRONNEMENT et PERSPECTIVES

Vie mutualiste

Réaffirmer l'engagement mutualiste de proximité

Au-delà d'une évolution forte des instances de pilotage d'Harmonie Mutuelle avec un resserrement du nombre d'administrateurs et une féminisation accrue (40 % des membres), c'est un véritable travail en faveur du dynamisme de la démocratie de proximité qui a été mis en Tmuvre en 2016.

Dix réunions régionales ont eu lieu entre janvier et avril, réunissant près de 1 000 élus pour construire la feuille de route du militant du XXIe siècle. Un rapport d'orientation sur l'engagement mutualiste de proximité a été présenté et débattu lors du séminaire des délégués des 12 et 13 octobre.

Quelle était l'ambition du rapport ?

Harmonie Mutuelle est un acteur global de santé et de protection sociale. Les délégués de la mutuelle deviennent donc militants du « bien vivre » chargés :
• de défendre et d'affirmer les valeurs mutualistes,
• de représenter la mutuelle, de développer les partenariats et les actions de proximité,
• d'être utiles aux adhérents en leur apportant un service direct,
• d'interpeller ou d'alerter la mutuelle sur tous sujets jugés importants ou préoccupants, liés au fonctionnement interne ou à l'environnement,
• d'avoir des échanges avec les adhérents, le monde de l'ESS, la société civile, dans le cadre de rencontres permettant de faire connaître l'action de la mutuelle.

Autre ambition, réaffirmer l'engagement mutualiste au sein de la mutuelle en :
• s'assurant d'une forte complémentarité entre élus et équipe managériale pour porter le projet de la mutuelle ;
• favorisant tous les espaces de débats ;
• s'inscrivant dans le cadre de la dynamique du futur Groupe « Mgen-Istya-Harmonie ».

Enfin, alors que près d'un tiers des 1 700 élus ne renouvelleront pas leur mandat en 2018, c'est un renouvellement symbolique témoignant de l'importance de la proximité qui a été affirmé : 2 019 délégués en 2019.

  

Environnement et perspectives

2016 : les mutations sociétales entre bénéfices individuels et enjeux collectifs

Mutations du travail, compte personnel d'activité, revenu universel, digitalisation de l'assurance, exigence de transparence, enjeu de la donnée… les contours de la protection sociale poursuivent leur mue.

Le paradoxe du digital

Après une émergence fulgurante, portée par un enthousiasme lié à sa forme d'entreprendre et de travailler, l'économie collaborative fait aujourd'hui l'objet de vifs débats. Ses conséquences sur l'évolution du travail et la protection sociale de ces nouveaux travailleurs sont structurelles. En outre, les ambitions originelles de démocratie participative ont été largement dévoyées par certains, nourrissant ainsi également des analyses plus critiques.

Témoins comme catalyseurs d'un marché du travail en pleine transformation, ces plateformes de la nouvelle économie, nativement numériques, pénètrent progressivement l'ensemble des secteurs d'activité. Répondant à l'évolution d'usages de plus en plus dématérialisés et à l'exigence croissante d'immédiateté, elles font de la fluidité de l'expérience client et de l'enjeu des données des questions résolument centrales.

Le secteur de l'assurance a ainsi vu fleurir une large variété d'offres (Vitality, Otherwise, Alan…) qui sont autant de réponses à la lourdeur de fonctionnement d'opérateurs historiques qu'aux aspirations des individus à la personnalisation des réponses ou à de nouvelles formes de solidarités, parfois plus communautaires ou affinitaires. Ces nouveaux entrants mettent la donnée au cœur de leur chaîne de valeur, en misant sur l'évolution des comportements et la prévention. Faisant appel à des compétences nouvelles (experts du numérique, économistes du comportement, approches cognitives…), ils témoignent des changements à l'œuvre dans nos métiers dont la pierre angulaire pourrait être double : le développement des capacités autour de la relation clients et l'accompagnement à un empowerment responsable et éthique autour du self data.

Si les vertus d'une plus grande prise en compte des modes de vie dans les déterminants de la santé des individus ne sont plus à démontrer, ces pratiques assurantielles d'un nouveau genre font surgir le spectre d'une utilisation des données collectées au seul bénéfice d'une individualisation de la couverture et d'une sélection du risque de facto.

Du soin à la santé

À l'heure d'un premier bilan de l'ANI, si Harmonie Mutuelle a salué ce dispositif en faveur de l'accès à la santé de tous les salariés, la question de l'accès à un niveau de couverture décent ne doit pas masquer la difficulté du système à lutter contre les inégalités sociales face à la santé et à garantir sa pérennité. En effet, notre système, quasi exclusivement curatif, laisse filer les déficits sous les effets conjugués de la croissance des maladies chroniques et des progrès thérapeutiques souvent coûteux. En outre, l'inertie du système, où la pluralité des parties prenantes s'exonère difficilement d'intérêts corporatistes, est délétère à l'émergence d'un intérêt général supérieur.

Dans l'optique d'un système plus prédictif et préventif, qui s'attacherait davantage à éviter la maladie qu'uniquement à la soigner, nul ne doute que demain le big data permettra d'identifier plus précisément les déterminants individuels et collectifs qui influent sur notre santé. Le défi majeur pour le devenir de la Sécurité sociale et du pacte social sera alors de garantir une personnalisation de la couverture et de l'accompagnement dans un cadre solidaire, garantissant l'accès à tous de manière pérenne. La transition épidémiologique et systémique vers laquelle nous pourrions nous diriger traduit ce que certains appellent le passage de l'assurance maladie à l'assurance santé.

Vers un écosystème du mieux vivre

Harmonie Mutuelle a su identifier que cette voie de la co-construction avec les parties prenantes est la seule à même de garantir des réponses pérennes et adaptées à des contextes territoriaux spécifiques, de mettre les besoins de l'adhérent et ses velléités de « consomm'acteur » au cœur d'une prise en charge coordonnée et responsabilisante, et de mettre en œuvre de nouveaux outils de gestion plus collective et partenariale du risque. Il est évident que les solutions de prévention et d'accompagnement seront des leviers non seulement d'amélioration de l'état de santé des individus mais globalement de régulation et d'optimisation du système à plus long terme.

Certains organismes complémentaires ont anticipé ces évolutions, notamment dans le cadre des contrats collectifs, où les entreprises sont de plus en plus sensibles aux services au-delà de la seule garantie assurantielle. La pertinence du continuum « santé - prévention - prévoyance » semble désormais partagée. La réforme de la médecine du travail et l'évolution de la gouvernance des mutuelles devraient constituer des accélérateurs.

Si la problématique du retour sur investissement de la prévention reste un serpent de mer, elle révèle surtout un cadre de pensée inadapté aux enjeux actuels et futurs. Les exigences sans cesse croissantes de transparence et de démonstration de la preuve de l'utilité interrogent les opérateurs complémentaires, et plus encore les mutualistes. En effet, en promouvant une responsabilité de l'action basée sur la défense des intérêts collectifs de long terme, les mutuelles pourraient faire valoir la nécessité d'une véritable politique de santé durable, où la recherche du mieux-disant social et sociétal prévaut sur le moins-disant économique, rappelant l'importance de la santé dans le débat démocratique.

Dans cet environnement qui bouscule des formes de travail aux métiers, de la chaîne de valeur au modèle économique, sans omettre les formes de démocratie, Harmonie Mutuelle a su démontrer sa capacité à anticiper et à se transformer à travers sa dynamique politique et sa stratégie opérationnelle, qui sont autant de réponses à ces mutations structurelles, réponses plus fortes encore demain dans le cadre de l'UMG.