L'économie sociale et solidaire : un secteur qui a le vent en poupe

Entreprendre autrement : tel est le credo des acteurs de l'économie sociale et solidaire. Un secteur dynamique, puissant, doté depuis juillet 2014 d'un cadre législatif.

L'économie sociale et solidaire (ESS) affiche une belle résistance à la crise : elle a créé  23% d'emplois supplémentaires en dix ans (contre +4,5% d'emplois dans l'économie traditionnelle sur la période 2000-2010), et représente aujourd'hui environ 10% du PIB national. Puissant et dynamique, ce secteur est aussi très disparate et protéiforme. Il rassemble une multitude d'acteurs : des associations aux mutuelles, en passant par les fondations, les coopératives, ou encore les entreprises d'insertion par l'activité économique…

Les origines de l'économie sociale et solidaire

Elles remontent au 19ème siècle, lorsque, face aux bouleversements induits par le capitalisme industriel, ouvriers, artisans, mais aussi petits exploitants agricoles se regroupent pour trouver des solutions collectives et solidaires à leurs besoins : protection sociale (chômage et santé), prise en charge des frais d'enterrement…  
Ces activités ont ensuite été portées par des organisations aux statuts spécifiques reconnus par l'Etat (coopératives, mutuelles…).

Une alternative au modèle capitaliste

Toutes ces structures ont cependant un point commun : un modèle économique différent, véritable alternative au modèle capitaliste. Soucieux de concilier développement économique et utilité sociale, les acteurs de l'économie sociale et solidaire privilégient la solidarité et l'intérêt général plutôt que la recherche du profit maximal. Ils explorent un ensemble de secteurs à fort potentiel de croissance – par exemple les services à la personne, l'économie verte, le secteur sanitaire et social… – tout en créant des emplois non délocalisables, au plus près des territoires, avec une forte dimension sociale.

Un cadre propice à son développement

La loi du 31 juillet 2014 relative à l'ESS marque « la reconnaissance législative d'un mode d'entreprendre différent générateur de richesses économiques et de réponses aux besoins sociaux et environnementaux ». Les pouvoirs publics poursuivent une triple ambition :

  • Définir avec précision le périmètre de l'ESS ;  
  • Reconnaître la pertinence d'un autre modèle entrepreneurial ;
  • Faciliter son développement grâce à des outils.

La loi Hamon a posé le cadre juridique qui manquait jusqu'alors à l'ESS [...]. Aujourd'hui, après cette phase de consolidation, il nous semble nécessaire et opportun de mettre en œuvre une seconde phase de développement de l'économie sociale et solidaire, avec une approche plus politique. [...] L'objet est de fondre l'ESS dans un modèle de développement économique, écologique et social du pays. [...]
Nous avons dégagé deux grands axes pour faire en sorte que l'ESS change d'échelle : organiser un « social business act », autrement dit, un pacte de mesures pour la croissance et le changement d'échelle de l'ESS ; mettre en place un « accélérateur d'innovation sociale », pour accompagner les entreprises dans leur développement.
 
Christophe Itier - Haut-commissaire à l'Economie sociale et solidaire et à l'Innovation sociale
Extrait de LaTribune.fr

« La loi sur l'ESS prévoit des outils clés. Ils vont conforter notre développement au service de l'utilité sociale » 

Stéphane Junique, président d'Harmonie Mutuelle, président d'Harmonie Services Mutualistes