Sécurité sociale 2018 : ce qui change

Ce premier budget du nouveau gouvernement annonce des mesures concrètes et surtout une nouvelle philosophie pour les questions de santé. Les points forts du PLFSS

« Il faut faire de la santé un objectif de toutes nos politiques qu'elles soient éducatives, environnementales, agricoles, sportives ou judiciaires. » En fixant sa feuille de route en septembre dernier, la ministre Agnès Buzyn a insisté sur la forte inflexion que le gouvernement entend donner aux politiques de santé, en développant notamment une vision à moyen et long terme. Cette feuille de route repose ainsi sur quatre grands axes :

  • la prévention, notamment en termes d'alimentation, d'alcool et de tabagisme,
  • l'accès aux soins, en luttant contre les inégalités sociales et territoriales,
  • la pertinence et la qualité des soins, en encourageant notamment l'ambulatoire,
  • le développement des nouvelles pratiques, notamment autour du numérique.

Si de nombreux chantiers ont déjà été lancés sur ces différents aspects, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2018 adopté le 4 décembre a été la première traduction concrète de cette nouvelle approche. Son objectif premier est de ramener le déficit de la Sécurité sociale de 3 à 2,2 milliards d'euros, avec même un excédent de 1,2 milliard pour le régime général.

Les mesures annoncées

  • Hausse de la CSG de 1,7 point.
  • Parentalité : au 1er avril, baisse de la prestation d'accueil du jeune enfant, revalorisation de la prime de naissance/adoption ; au 1er octobre, revalorisation du complément libre choix du mode de garde (environ 70 euros).
  • Retraite et vieillesse : indexation annuelle des pensions reculée de trois mois (au 1er janvier 2019), revalorisations échelonnées du minimum vieillesse (Aspa) jusqu'à 2020.
  • Médicaments : politique de développement des génériques et de contrôle des prescriptions.
  • Prévention : 11 vaccins obligatoires à partir du 1er janvier, dont coqueluche et rougeole-oreillons-rubéole ; instauration d'une consultation prise en charge à 100 % pour les jeunes filles de 25 ans sur la prévention du cancer du sein et du col de l'utérus ; hausses programmées du prix du tabac, le paquet doit atteindre 10 euros en 2020.
  • Hôpital : hausse du forfait hospitalier (qui passe de 18 à 20 euros).

Précisons que l'application du tiers payant généralisé initialement prévu au 1er novembre 2017 est annulée, mais un calendrier de mise en œuvre opérationnelle du tiers payant intégral doit être présenté avant la fin mars.