Pouvez-vous nous présenter la Mutuelle La Mayotte et ses missions ?
La Mutuelle La Mayotte est une mutuelle du livre III, créée en 1948, qui gère des établissements sociaux et médico-sociaux en Île-de-France. Nous accompagnons plus de 600 enfants et jeunes présentant des déficiences intellectuelles, des troubles du spectre autistique ou des troubles psychiques, avec environ 420 salariés. Cet accompagnement repose sur trois piliers complémentaires : une prise en charge pédagogique pour garantir la scolarité, un accompagnement éducatif centré sur les habiletés sociales, et une prise en charge thérapeutique assurée par des professionnels du soin. Ces actions sont déployées au sein de nos établissements, en internat, en accueil de jour ou en milieu ordinaire, afin de favoriser au maximum l’inclusion.
Quels sont aujourd’hui vos principaux enjeux en matière de ressources humaines ?
Nous faisons face à un manque d’attractivité du secteur, avec environ 10 % de postes non pourvus. Les métiers sont de plus en plus complexes, exposés à des situations de violence et à une forte charge émotionnelle, pour des niveaux de rémunération qui restent modestes. Cela entraîne une augmentation de l’absentéisme, des situations d’épuisement professionnel et un recours accru à l’intérim, ce qui fragilise les collectifs de travail.
Dans ce contexte, quelle place occupe la prévoyance pour la Mutuelle La Mayotte ?
La prévoyance est un levier essentiel pour sécuriser les parcours de nos salariés, compte tenu de la pénibilité de leurs missions. Mais pour nous, elle ne peut pas être envisagée seule. Elle s’inscrit dans une approche globale de prévention, de qualité de vie au travail et de soutien aux équipes.
Comment est né et comment se traduit ce partenariat avec Harmonie Mutuelle ESS ?
Harmonie Mutuelle ESS, à l’époque Chorum, est un partenaire historique de la Mutuelle La Mayotte. Cela fait plus de vingt ans que nous travaillons ensemble. Ce qui a fait la différence, c’est d’abord leur connaissance du secteur de l’économie sociale et solidaire et de nos métiers. Tous les opérateurs ne comprennent pas forcément nos réalités. Il y a aussi une vraie implication humaine. Quand on les invite à notre assemblée générale ou à l’inauguration d’un établissement, ils sont présents. Cette proximité se traduit aussi par des actions très concrètes : participation à des clubs prévention sur la qualité de vie au travail, soutien à des études sur l’absentéisme et la motivation, accompagnement lors de situations complexes comme des droits d’alerte liés à des violences dans certains établissements, ou encore appui à des projets sportifs et solidaires.
En quoi cet accompagnement dépasse-t-il le cadre strict de la prévoyance ?
Nous ne sommes pas uniquement sur une logique de réduction de l’absentéisme ou de gestion des arrêts de travail. Il y a un vrai travail de fond. Par exemple, lorsqu’un de nos établissements a été confronté à une violence majorée de certains jeunes, nous avons été accompagnés pendant plusieurs mois par une consultante pour mettre en place un plan d’action. Harmonie Mutuelle ESS soutient aussi des projets qui participent au bien-être des jeunes et des équipes, comme des partenariats avec une école de voile ou le soutien à notre trail solidaire qui rassemble plusieurs milliers de participants. Il y a également un relais médiatique et une capacité à mettre en lien des acteurs du secteur, ce qui est précieux.
Qu’appréciez-vous tout particulièrement dans votre relation avec Harmonie Mutuelle ESS ?
Je fais toujours la différence entre un prestataire et un partenaire. Un prestataire reste dans une relation strictement contractuelle. Avec Harmonie Mutuelle ESS, nous sommes clairement dans une logique de partenariat. Il y a une dynamique réciproque, non écrite mais très concrète sur le terrain. Je sais que si demain j’ai une difficulté particulière, je trouverai une écoute, un conseil et une mise en perspective grâce à leur expérience auprès d’autres structures du secteur. Il y a aussi cette capacité à créer du lien, à favoriser les échanges entre acteurs de l’ESS. C’est cette proximité, cette connaissance de nos réalités et cette volonté d’agir ensemble qui font toute la différence.