La réconciliation des temps de vie : l'avenir du travail ?

Cette 7e édition de l'observatoire « Entreprise et santé » Viavoice – Harmonie Mutuelle, met en lumière l'évolution des perceptions en matière de santé au travail et ses facteurs déterminants, et évalue le niveau de corrélation entre comportements individuels et performance des entreprises.

La question du bien-être au travail est cruciale pour Harmonie Mutuelle qui compte 61 000 entreprises clientes, et accompagne les décideurs d'entreprises sur leurs enjeux de protection et de valorisation du capital humain.

Du sens à la reconnaissance : les individus veulent être écoutés et s'épanouir dans l'entreprise

Pour cette 7e édition de l'observatoire « Entreprise et santé » Viavoice – Harmonie Mutuelle, trois publics distincts ont été interrogés : salariés, travailleurs indépendants et dirigeants d'entreprise.

Donner du sens à son travail : il semble que cela soit un pari en passe d'être gagné, puisque c'est le cas de plus des trois-quarts des salariés, dirigeants et indépendants, qui déclarent se sentir utiles dans leur travail et donner un sens à ce qu'ils font.

Ils pensent que leur travail est utile pour la société française dans son ensemble :

  • 67% des salariés
  • 87% des dirigeants
  • 75% des indépendants

En revanche, les salariés doutent encore que leur travail soit pleinement reconnu. Malgré une légère amélioration par rapport aux résultats 2018, seuls 44% estiment que leurs compétences et leur mérite sont reconnus, et 33% que leur salaire correspond à leur engagement et à leurs mérites.

Seuls 45% des salariés se sentent écoutés par leurs managers et responsables hiérarchiques. Ils sont pourtant nombreux à considérer que l'écoute et la prise en compte des contraintes personnelles au sein de l'entreprise contribuent à leur santé et à leur bien-être :

  • 69% (+10 points depuis 2018) considèrent le fait que le management soit plus à l'écoute des enjeux de santé des salariés comme prioritaire,
  • 55% (+6 points depuis 2018) l'aménagement des horaires ou du télétravail selon les contraintes personnelles des salariés.

Bien-être au travail : des progrès… à confirmer

À la question de savoir comment ils jugent leur bien-être au travail, les salariés sont plus de la moitié à répondre positivement. Du côté des salariés, ce chiffre satisfaisant ne suffit pourtant pas à cacher les 36% (soit 9 millions de personnes) qui répondent par la négative, ni les 52% qui estiment que le bien-être au travail s'est plutôt détérioré ces dernières années.

On observe une dynamique positive concernant la conciliation entre vies professionnelle et personnelle, qui traduit les efforts entrepris par les entreprises en la matière et révèle l'importance de la prise de conscience de tous les acteurs économiques en la matière. La partie n'est pas encore gagnée cependant : plus d'un tiers des salariés, des dirigeants d'entreprise et des travailleurs indépendants estime que la conciliation entre vies professionnelle et personnelle reste problématique. Cela signifie que, quelle que soit sa place dans l'entreprise, un individu a des difficultés à concilier les deux.

Pour 44% des dirigeants d'entreprise, cette conciliation difficile est le facteur qui impacte le plus leur état de santé – devant le temps de sommeil et le temps de repos ou de loisir.

Des équilibres de temps de vie à inventer

Le droit à la déconnexion n'est pas spontanément cité comme mesure prioritaire pour agir en faveur du bien-être, et pourtant c'est un défi plus que jamais d'actualité. Cela ne signifie pas pour autant qu'il fait désormais partie des habitudes : 53% des salariés (+6 points depuis 2018) et 82% des dirigeants d'entreprises (+3 points depuis 2018) déclarent consulter leurs mails professionnels ou répondre à un appel en dehors de leurs heures de travail.

Le droit à la déconnexion reste une mesure floue : plus du tiers des salariés et des dirigeants estime qu'aucune mesure concrète n'a été mise en place dans leur entreprise en faveur de ce droit à la déconnexion.

Presqu'un tiers des dirigeants d'entreprise déclarent travailler plus de 60 heures par semaine.

Or près de 60% d'entre eux estiment que ce temps consacré à leur activité professionnelle est trop important. Il l'est d'autant plus qu'il existe une corrélation inverse entre temps de travail du dirigeant et performance de l'entreprise.

L'Observatoire propose cette année un indice économique composé du chiffre d'affaires, du niveau de marge, des résultats de l'entreprise ainsi que des perspectives d'avenir déclarés par les dirigeants. Cet indice atteint son niveau le plus bas lorsque le temps consacré au travail se situe entre 55 et 59 heures. Inversement, il atteint son niveau le plus haut lorsque le temps de travail se situe entre 35 et 39 heures par semaine. À l'inverse, on observe une corrélation positive entre l'indice d'activité économique et le temps de détente et de loisirs.

Comme le souligne Lionel Fournier, Directeur de la région Atlantique chez Harmonie Mutuelle «Les études le montrent : la santé et la performance globale de l'entreprise sont liées. Pourtant les dirigeants considèrent souvent qu'ils doivent se concentrer uniquement sur leur entreprise et oublient de prendre soin d'eux. Harmonie Mutuelle souhaite combattre ces idées reçues pour permettre aux chefs d'entreprises de découvrir les impacts positifs d'une approche nouvelle, pour eux-mêmes et pour leur entreprise. Cela leur donnera certainement aussi l'envie de mettre en place une démarche globale intégrant les salariés. C'est une excellente chose car la prise en compte de la santé et de la qualité de vie au travail du dirigeant et de ses salariés constitue un cercle totalement vertueux pour la performance globale de l'entreprise !»

Publié le 01/10/2019