Témoignage d'Emilie Camalet, Chargée de missions Hygiène, Sécurité et Environnement à l'Apogei 94

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« Leur connaissance du médico-social nous a immédiatement rassurés »

Avec plus de 1 400 personnes accompagnées dans tout le Val-de-Marne et près de 800 salariés, l'Apogei 94 est un acteur incontournable de l’accompagnement des enfants, adolescents et adultes en situation de handicap. Dans ce secteur exigeant, où les métiers sont en tension et où les équipes sont exposées à une forte charge émotionnelle, l’association a engagé une démarche ambitieuse autour des risques psychosociaux (RPS) et de la qualité de vie au travail. Émilie Camalet, Chargée de missions Hygiène, Sécurité et Environnement, revient sur ce chantier structurant mené avec le soutien de chefs de projet en Santé et Qualité de Vie au Travail dédiée aux métiers de l’ESS d’Harmonie Mutuelle.

Photographie d'Emilie CamaletPour commencer, pouvez-vous présenter l'Apogei 94 et ses missions ? 

L'Apogei 94 est une association de parentale qui accompagne des personnes en situation de handicap mental. Nous gérons 28 établissements et services, répartis en plusieurs pôles : l’enfance et l’adolescence, l’habitat et la participation sociale, médicalisé, le travail protégé et un service de protection des majeurs. Nous accompagnons environ 1 400 personnes, de l’enfance à l’âge adulte, grâce à un réseau de près de 800 collaborateurs. Les métiers sont très variés : éducateurs spécialisés, accompagnants éducatif et social (AES), psychologues, infirmiers, ergothérapeutes, agents techniques, agent de restauration, maîtresses de maison, aides soignants, aide médico-psychologique AMP, fonctions supports… C’est une grande diversité de profils et une organisation très riche, mais aussi très exposée aux risques psychosociaux.

Quel est le déclencheur de votre démarche RPS ?

Cette démarche a vraiment commencé lorsque le comité social et économique (CSE) a fait remonter l’absence de Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels, et plus spécifiquement l’absence d’évaluation des risques psychosociaux. En 2019, un service Hygiène, Sécurité et Environnement a été créé, mais sans réelle méthodologie sur les risques psychosociaux (RPS). Lorsque je suis arrivée, j’ai apporté mon expérience sur ce sujet, mais nous avions besoin d’un accompagnement pour structurer la démarche. C’est aussi un contexte sectoriel compliqué : les équipes accompagnent un public parfois violent, les salaires sont bas, les postes vacants nombreux. Ce sont des métiers passionnants mais très exigeants. Les RPS sont inhérents au secteur médico-social, et pas uniquement à l'Apogei 94. Il fallait vraiment avancer.

Pourquoi avoir choisi de vous faire accompagner par Harmonie Mutuelle ESS ?

Harmonie Mutuelle ESS est notre organisme de protection en prévoyance et en santé. Son équipe de chefs de projet en Santé et Qualité de Vie au Travail dédiée aux métiers de l’ESS était déjà intervenue chez nous pour un diagnostic spécifique dans un établissement. Leur connaissance du médico-social nous a immédiatement rassurés. Ils connaissent nos structures, nos métiers, nos organisations : on parle le même langage. La direction générale souhaitait que la démarche soit solide, méthodologique et participative. Harmonie Mutuelle ESS cochait toutes les cases. Cela s’est fait très naturellement.

Comment s’est déroulée la démarche dans les établissements ?

Nous avons constitué des comités de pilotage dans chaque établissement. Ils étaient composés de salariés volontaires, d’un représentant proximité et de l’encadrement. L’idée était d’impliquer les salariés, car personne ne connaît mieux les situations que les professionnels sur le terrain. 
Les chefs de projet Harmonie Mutuelle ESS ont assuré plusieurs sessions de formation : qu’est-ce qu’un RPS, comment identifier une situation, comment mener un entretien ou analyser un poste de travail. Ensuite, chaque comité pouvait choisir sa méthode : entretiens, questionnaires, observations… L’essentiel était qu’ils se sentent à l’aise pour mener l’analyse. 
Une fois les situations identifiées, elles étaient retravaillées avec Harmonie Mutuelle ESS pour vérifier qu’elles étaient bien définies et pour aider à faire émerger des pistes d’action. Puis les directions revenaient dans le processus afin de donner du contexte et de valider les mesures possibles. Enfin, nous intégrions les situations dans chaque Document Unique.

Pouvez-vous partager un exemple concret issu de cette démarche ?

Oui, un exemple très parlant concerne un Institut Médico-Educatif (IME). Le matin, l’accueil des jeunes était source de beaucoup de stress : arrivées simultanées, imprévus liés à des absences, réorganisation de groupes en urgence, confusion pour les professionnels comme pour les jeunes. Cela créait des tensions entre équipes et des comportements difficiles chez certains jeunes. 
Grâce à la démarche, l’équipe a imaginé une organisation proche d’une “vie scolaire” : un grand tableau d’affichage clair, des repères pour chaque jeune, et un espace de transition en cas de changement de dernière minute. En quelques semaines, la situation s’est apaisée pour tout le monde. Ce qui est intéressant, c’est que cette action a amélioré à la fois le bien-être des équipes et celui des jeunes accompagnés.

Quel bilan tirez-vous de cette première phase RPS ?

La démarche a été très bien accueillie. Les salariés se sont impliqués, les directions se sont vraiment approprié le processus, et les situations identifiées étaient finalement plus organisationnelles que dramatiques. Les professionnels aiment leur métier, mais certains ajustements étaient nécessaires. Nous avons instauré un espace de parole et de transparence : les sujets sont moins tabous. Aujourd’hui, nous lançons la “saison 2” de la démarche, portée en autonomie.

Vous avez ensuite lancé un baromètre Qualité de Vie au Travail. Pourquoi ?

Après deux ans sur les RPS, nous avions envie d’élargir le regard et d’obtenir une vision à l’échelle de l’association, et pas uniquement établissement par établissement. Harmonie Mutuelle ESS nous a présenté un baromètre clé en main, totalement modulable, que nous avons adapté avec le DRH et le CSE. Le questionnaire abordait la qualité du matériel, la charge de travail, l’information lors des changements, la relation avec le public, la santé mentale ou encore l’autonomie dans les missions. Nous avons obtenu 42 % de participation, ce qui est excellent pour une première édition. Les salariés ont joué le jeu, notamment grâce à l’implication du CSE. Les résultats montrent quatre axes importants : la charge de travail, les agressions du public accompagné, les efforts physiques et la communication interne. Ce sont désormais nos chantiers prioritaires pour les trois prochaines années.

Comment qualifieriez-vous l’accompagnement des chefs de projets d’Harmonie Mutuelle dans ces deux projets ?

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est leur implication. Ce n’était pas une prestation exécutée à distance : ils étaient là, disponibles, bienveillants, adaptables. Parfois, ils ont même dépassé le temps prévu contractuellement pour aider certains établissements en difficulté. Leur connaissance du secteur est un vrai plus : nous n’avions pas besoin de réexpliquer ce qu’est une maison d’accueil spécialisée (MAS), un IME ou un foyer d'accueil médicalisé (FAM). Ils comprennent parfaitement nos enjeux. 
Nous avons aussi créé une relation de confiance. Aujourd’hui, lorsqu’un doute surgit, lorsqu’une question se pose, je me tourne naturellement vers eux. Ils sont devenus une référence. C’est une collaboration que j’apprécie sincèrement.

 

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