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Actualités
Santé pour tous ! Santé partout !
[DECRYPTAGE] L’ESS n’est pas LA solution aux désert médicaux, mais elle en est une. Et elle est trop peu sollicitée par les politiques publiques. Les associations, mutuelles et coopératives conjuguent pourtant la culture de l’intérêt général à une forte capacité à travailler l’amélioration de l’offre de soins de premier recours en pleine coopération avec l’ensemble des parties prenantes à l’échelle d’un territoire.
Laval, préfecture de la Mayenne, quartier Hilard à quelques encablures à peine du centre-ville… C’est au pied d’une tour, dans d’anciens appartements transformés en service médical de proximité que se trouve la seule chance pour nombre d’habitants sans médecin traitant de trouver une solution de suivi médical correct.
« Le service médical de proximité Henri-Dunant est animé par des médecins retraités et des internes et accueille des patients qui n’ont pas ou plus de médecin traitant sur le département », explique Etienne Le Mière, directeur de l’activité soins de VYV3 Pays de la Loire, qui développe ce concept de Service médical de proximité. Et l’on vient de loin dans le département pour consulter l’un des 16 médecins qui se relaient chaque jour. 13 médecins retraités et trois internes, réunis au sein de ce centre santé mutualiste atypique où le recours aux anciens est aussi un moyen d’attirer des nouveaux médecins sur le territoire (écouter notre podcast Une médecine générale, plusieurs générations de médecins).
Réduire le manque de professionnels
Au cœur de la problématique, il y a le manque quantitatif de médecins. Depuis des décennies, on ne forme pas assez de médecins généralistes en France pour compenser le départ à la retraite des générations nées après-guerre. Et pourtant le nombre de médecins actifs augmente (+20 000 entre 2010 et 2023 selon le Conseil de l’Ordre). Mais le vieillissement de la population et l’aspiration des jeunes générations de médecins d’en finir avec les 70 heures de consultation par semaine pour mieux articuler vie privée et vie professionnelle, accroit le handicap de cette course contre la montre.
Aujourd’hui, ce sont 11 % des Français qui subissent les conséquences du manque de médecin généraliste : difficulté à obtenir un rendez-vous, suivi délicat pour des pathologies chroniques, impossibilité de déclarer un médecin traitant… (en savoir plus sur ce chiffre clé). Et près d’un français sur cinq (18 %) connait une difficulté d’accès aux soins (accès aux généralistes, à une pharmacie ou à un service d’urgence) selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la Santé.
Ces moyennes masquent par ailleurs de grandes disparités territoriales que l’on peut résumer schématiquement : aux métropoles l’abondance, aux territoires ruraux et suburbains la disette. L’accessibilité des soins suit la courbe des inégalités sociales et territoriales. Alors si le problème quantitatif ne trouvera de solution que dans les politiques de formation, l’ESS joue un rôle pour améliorer les conditions d’accessibilité sociale et territoriale aux soins de premier recours.
Accessibilité sociale
Sur le plan social, l’ESS au travers principalement d’associations et de centres de santé mutualistes, « abonde l’offre de soins conventionnés dits de secteur 1 » comme le rappel Romain Guerry, référent Santé au Labo de l’ESS, dans notre podcast expert « Comment l’ESS peut-elle faire reculer les déserts médicaux ? ». Des soins facturés sans dépassement d’honoraire au patient et donc remboursés, quand le tiers payant n’est pas totalement assuré.
Ces centres, où les médecins sont salariés, ont même la capacité de suivre des patients atteints de pathologies chroniques multiples en leur sein par la coopération entre médecins spécialistes. Une démarche globale facilitée depuis que certains de ces centres sont sortis du financement à l’acte par la sécurité sociale pour être financés au forfait. Toutefois l’accessibilité sociale a un coût pour la collectivité qui n’est plus toujours suffisamment assumé par les partenaires de ces centres de soins associatifs dont beaucoup se trouvent aujourd’hui en difficulté rappelle, aussi, Romain Guerry.
Territoire de santé
A Laval, le SMP Henri Dunant est un centre de santé géré par VYV3, la branche accompagnement et soin du groupe mutualiste VYV (Harmonie Mutuelle, MGEN, MNT…). VYV3 apporte son ingénierie, son expertise en santé au projet qui est le fruit d’une coopération avec les collectivités territoriales, l’Ordre des médecins du département, l’Agence régionale de santé…
« Nous apportons chacun une part du financement, hors des recettes de la Caisse primaire d’assurance maladie, pour que les médecins retraités soient sur leur cœur de métier qui est la consultation », explique Etienne Le Mière. Cet ancrage territorial est au cœur des modèles mutualistes et associatifs. Un atout à faire valoir au moment où les collectivités, (villes, agglomérations, départements) ont compris que l’offre de santé est non seulement un enjeu de cohésion sociale, mais aussi d’attractivité territoriale.
Tout l’inverse des « vrais-faux » centres de santé franchisés tels qu’Alliance vision, sur la sellette pour des surfacturations de soins et déconventionnés récemment par l’Assurance maladie .
Acteur du soin ou de la santé ?
Sans s’y opposer les Centres de soins marquent leur différence avec les Maisons de santé, qui associent des médecins libéraux en un lieu mutualisé pour renforcer l’offre de soins par le regroupement de professionnels de santé. Par exemple… Si des médecins qui avaient exercé en cabinet libéral pendant 40 ans ont été d’accord pour se lancer dans l’aventure du SMP Henri Dunant à Laval (deux autres se sont créés au Mans et à Cholet), c’est bien parce qu’ils en étaient salariés et, à ce titre, étaient libérés de toute tâche de gestion administrative pour se concentrer sur le suivi des patients.
Une autre forme issue de l’ESS commence aussi à émerger, celle des centres de soins coopératifs, plus précisément optant pour le statut de Société coopérative d’intérêt collectif (Scic). C’est le statut choisi par La Place Santé, un centre de santé communautaire né sous statut associatif à Saint-Denis. Le principe : renouveler en profondeur la pratique professionnelle du médecin généraliste qui, au lieu d’appréhender la seule pathologie du patient, prend en compte l’ensemble de son environnement et notamment social pour apporter une réponse globale. Un concept parfaitement expliqué par Didier Ménard dans notre podcast « Aller vers le patient… le versant caché de l’accès aux soins made in ESS ». Ce dernier a créé le centre de Saint-Denis il y a trente ans. L’un des principes fort de son action est d’associer la population à la production de l’offre de soins. Non pas pour qu’elle soigne, mais pour qu’elle devienne actrice de sa santé. Didier Ménard raconte notamment comment la mobilisation de patientes, conscientes que l’utilisation du vélo pour leur déplacement était bonne pour leur santé, a interpellé les élus afin de créer l’infrastructure cyclable adéquate dans leur quartier des Francs-Moisins.
Le Centre de santé est devenu Scic afin d’intégrer à sa gouvernance médecins, habitants et collectivités et produire, dans le respect du secret médical et de ce qu’on appelle le dialogue singulier entre le médecin et le patient, une offre de santé plus efficace à la collectivité.
Ce statut Scic parait prometteur afin de construire les solutions pour une santé territoriale adaptée aux enjeux sociétaux du vieillissement, tout comme pour sortir du désert des territoires ruraux ou des quartiers populaires.
Car si l’augmentation du nombre de médecins est indispensable à la réduction des déserts médicaux, elle ne répondra pas à tous les enjeux d’égalité d’accès aux soins que ce soit sur un plan géographique ou financier. La régulation de l’installation des médecins sur les territoires prioritaires par la loi continue de faire débat dans la sphère politique. Quel qu’en soit l’issue, la lutte contre les déserts médicaux ne pourra se passer de la coopération territoriale qui démontre, là où elle s’exprime, son efficacité à déployer des solutions innovantes, concertées et donc adaptées aux besoins en santé. Il parait donc difficile de se passer du potentiel d’acteurs économiques qui mettent l’intérêt général en tête de leurs priorités.
Du plein emploi à l’emploi décent pour tous
Bonne nouvelle ! Le chômage baisse et l’on se risque à annoncer le retour du plein emploi. Fini l’Insertion par l’activité économique, l’inclusion sociale et professionnelle ? Aucunement. Plus on s’approchera du plein emploi, plus les innovations de l’ESS en matière d’employabilité seront indispensables pour que chacun puisse accéder à un emploi adapté tant aux aspirations du salarié que de l’entreprise.
Moins de 8 % de chômage
Comment ne pas se réjouir. Le chômage baisse depuis 2016 et le reflux de l’emploi durant la pandémie a été plus que résorbé. De 10,3 % de taux de chômage en 2015 nous sommes passés à 7,3 % de la population active fin 2022 (chômage au sens du Bureau international du travail) soit 2,2 millions de personnes. Mieux, cette baisse profite à toutes les catégories d’âge ou socio-professionnelles, comme nous le disent Anne Brunner et Louis Maurin dans une analyse de l’Observatoire des inégalités. Seuls les jeunes sans diplôme ne bénéficient pas autant que les autres de cette conjoncture, selon cet article. Faut-il pour autant croire au retour du plein emploi ? Celui qui laisse entendre le retour des jours heureux au pays du travail ?
Le halo du chômage
Tout d’abord, le taux de chômage dépend de l’unité de mesure. Pôle emploi ne calcule pas le taux de chômage comme le BIT. Le nombre d’inscrits en catégorie A (sans aucune activité) était de 2,8 millions fin 2022, auquel il faudrait ajouter ceux qui sont inscrits tout en ayant une activité réduite (2,3 millions) et souhaiteraient travailler plus. Cela fait en tout plus de 5 millions d’individus. Mais la baisse se voit aussi pour Pôle emploi avec un taux qui diminue de 5,2 % sur un an. L’horizon du plein emploi est juste un peu loin que des lunettes du BIT qui a le mérite de permettre les comparaisons internationales…
« Pour les économistes, le plein emploi se situe sous la barre des 5 % de chômeurs dans la population active, rappelle Luc de Gardelle, président de la Fédération des entreprises d’insertion (> 2000 entreprises et 100 000 salariés), mais ceux qui restent sont aussi ceux qui sont le plus éloignés de l’emploi. » Faudrait-il pour autant en faire des laissés-pour-compte ? Non répondra l’ESS qui affirme depuis longtemps que « nul n’est inemployable » d’une part et que les entreprises ont à améliorer leur employeurabilité. C’est-à-dire leur capacité à maintenir l’employabilité de ses salariés.
Certains chômeurs sont éloignés depuis si longtemps parfois que certains disparaissent des statistiques. On les croise parmi la centaine de salariés d’Emerjean (écoutez notre podcast reportage Remettre l’emploi au centre du village 1/3 ), une entreprise à but d’emploi créée dans le quartier Saint-Jean de Villeurbanne dans le cadre de l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD).
Ils étaient chômeurs en fin de droits, proches aidants qui avaient quitté la société du travail sans en retrouver le chemin, mères au foyer sans formation qui souhaitent s’émanciper par le travail, jeunes diplômées qui portent le voile et restent à la porte des recruteurs.
Paul Bruyelles, le directeur général d’Emerjean l’explique en peu de mots : « les personnes veulent travailler contrairement à certains discours. Mais à force d’échec dans leurs recherches d’emploi, beaucoup se désespèrent », explique-t-il (écoutez le podcast Remettre l’emploi au centre du village 3/3 ).
Selon l’Observatoire des inégalités ils seraient 1,9 millions (chiffres 2020) invisibilisés dans ce qu’on appelle le halo du chômage. Un halo qui s’agrandit (+24 % entre 2015 et 2020)… pendant que baisse le taux de chômage. Près de deux millions d’invisibles qui ne font pas de démarche de recherche active mais qui, lorsque l’Insee leur pose la question, affirment qu’ils souhaiteraient travailler.

IAE, TZCLD… les codes de l’emploi pour tous ?
« Moins il y aura de chômeurs, plus les entreprises comme les nôtres seront indispensables », explique Luc de Gardelle, président de la Fédération des entreprises d’insertion. Parce qu’il faut savoir accueillir et accompagner ces demandeurs d’emploi en quête de rédemption professionnelle. « Cela fait quarante ans que l’Insertion par l’activité économique (et l’installation du chômage de masse, ndlr) est experte du sujet... nous créons des entreprises (autofinancées à 85 % en moyenne), qui s'adaptent aux difficultés sociales », rappelle celui qui dirige le groupe d’insertion Altaïr à Strasbourg. Présentes sur de nombreux métiers en tension (bâtiment, restauration, logistique), les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) aident objectivement les entreprises du secteur à trouver des ressources qui leur manquent.
Mais le modèle de l’IAE, tout comme celui des Territoires zéro chômeur portent une autre vision de l’emploi. D’une part, elles innovent sur le champ des métiers. Réemploi, économie circulaire (Le Relais, Envie, Vitamine T), alimentation et maraichage bio (Les Jardins de Cocagnes, Les Relais solidaires), logistique du dernier kilomètre, l’écohabitat, le textile… l’IAE a créé de nombreux segments d’activités en phase avec une économie de la sobriété et la relocalisation de nos capacités de production. D’autre part, l’emploi est conçu pour répondre à un besoin de l’entreprise, tout autant que pour émanciper la personne qui l’occupe. Plus concrètement, la mise en situation de travail dans les SIAE (Chantiers d’insertion, Entreprises d’insertion, entreprises de travail temporaire d’insertion…) est le véhicule qui soutient le salarié dans son travail d’effacement des obstacles vers l’emploi durable : un logement décent et stable, résorber les problèmes de santé, les addictions, rétablir un équilibre de vie familiale (garde d’enfants…). Dans l’IAE, il y a l’activité économique qui finance l’entreprise, mais aussi et surtout l’activité économique qui s’organise autour d’emplois sur mesure pour le salarié en insertion.
Droit à l’emploi
Les Territoires zéro chômeur de longue durée vont encore plus loin en tentant de réaliser un véritable droit à l’emploi. Là où il est expérimenté, les Entreprises à but d’emploi (financées par leurs activités et par la réaffectation des coûts de prise en charge du chômage à la rémunération du salarié) rendent accessible, sans sélection (hormis la domiciliation et la durée sans emploi) des emplois à temps choisi. Ensuite, un Territoire zéro chômeur organise une gouvernance territoriale des besoins d’activité et des compétences des habitants, chômeurs de longue durée en connectant entreprises, pouvoirs publics, habitants, associations, acteur des politiques de l’emploi autour de cet objectif commun : fournir une proposition d’emploi décent à tous ceux qui le souhaitent. Là où cette gouvernance multi-acteurs fonctionne, peut alors émerger des emplois adaptés aux besoins du territoire et de ceux qui les occupent : « la vision traditionnelle de l’emploi est celle du mérite, explique Jean-Christophe Sarrot, responsable emploi et formation chez ATD Quart-monde, l’association à l’origine des « Territoires zéro chômeur ». Celui qui a un emploi le mérite, il en accepte les contraintes qui vont peut-être le détruire à la fin, il faut avoir fait des bonnes études… Avec Territoires zéro chômeur, nous renversons ces représentations en disant d’abord, que les personnes qui sont dans la privation durable d’emploi méritent d’accéder à un emploi décent. » (écoutez le podcast Territoire zéro chômeur : la fabrique de l’emploi décent 1/3)
Formation inclusive
Cette faculté de fabriquer de l’accessibilité aux personnes en marge pourrait se répéter sur le champ de la formation professionnelle. Prenons l’exemple du numérique. Un secteur en mal de dizaine de professionnels pour répondre à la demande des entreprises chaque année : « entre les personnes sans activités qui ne se sentent pas capables de travailler dans le numérique et les entreprises qui se figent sur des profils grandes écoles d’ingénieurs… c’est un peu normal », résume Frédéric Bardeau, président de Simplon. Cette entreprise, née en même temps que l’Ecole 42 ou d’autres, a fait de la formation inclusive son identité d’entreprise sociale et solidaire : « notre premier métier, avant la formation, c’est le sourcing explique-t-il. Chercher et convaincre les jeunes dans les missions locales, des réfugiés, des femmes, des personnes en situation de handicap qu’ils ont leur place dans le numérique », le deuxième est de convaincre les entreprises de s’ouvrir à autre chose que des geek bardés d’un diplôme d’ingénieur « et enfin, fabriquer la bonne formation aux métiers attendus », conclut Frédéric Bardeau. Sans de tels modèles qui font école et influent les politiques publiques de la formation (mise en place d’un label des Grandes écoles du numérique par exemple), comment le secteur pourrait-il couvrir le gap qui le sépare du plein emploi dans ce secteur ? Simplon a formé 22000 personnes en neuf ans d’existence sur des métiers Bac+2 à, bientôt, Bac+5. (écoutez le podcast Débuguer la formation professionnelle avec Simplon 1/3)
Massification possible ?
Les modèles d’entreprise, de gouvernance territoriale porteurs de cette vision émancipatrice de l’emploi existent donc bel et bien même s’ils sont encore peu connus et reconnus. Mais peuvent-ils contribuer quantitativement à l’objectif d’un plein emploi accompli ? La question est plus délicate car elle induit, justement une reconnaissance beaucoup plus forte de tous les acteurs… les clauses d’insertion dans les marchés publics sont un levier conséquent pour connecter les entreprises du BTP, par exemple, au milieu de l’insertion. L’expérimentation des Territoires zéro chômeur en est déjà à sa deuxième loi d’expérimentation. 48 expérimentations ont été lancées, elles devraient être au moins 60 fin 2023. Mais une troisième loi interviendra-t-elle pour généraliser à terme, le principe d’un droit à l’emploi ? Aucune certitude pour l’heure.
Quant à l’IAE, un rapport : l'insertion par l’activité économique : état des lieux et perspectives de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a rendu des conclusions mitigées sur le Pacte ambition IAE qui annonçait, en 2019 le soutien public au doublement des salariés en insertion d’ici 2022 pour atteindre 240 000. L’Igas relève que « fin 2021, 137 869 bénéficiaires étaient salariés dans l’un des 4000 structures de l’IAE. » Luc de Gardelle réplique que pour des entreprises qui ont à créer et développer des activités économiques pérennes, « les quelques 2100 entreprises d’insertion ont fait +30 000 emplois en trois ans dont deux années de Covid. »
La course à l’augmentation du flux des salariés en insertion met aussi la pression sur la qualité du recrutement. Le risque serait une sélection trop assidue des salariés les moins en difficulté, laissant de côté ceux qui sont le plus en marge. Un salarié en insertion reste dans l’entreprise entre 4 et 24 mois selon son parcours. L’Igas précise d’ailleurs qu’il serait utile de sortir d’une gestion quantitative de la mission d’insertion pour un pilotage qualitatif de l’accompagnement social. Dis plus clairement, l’IAE n’exploite pas encore tout le potentiel de son modèle.
ESS et emploi décent
L’appel des Territoires zéro chômeur à instituer ce droit à un emploi décent doit susciter la discussion au sein de l’ESS. Comme l’explique Timothée Duverger dans son récent ouvrage L’économie sociale et solidaire (Repères Economie, édition La Découverte) , l’ESS ne se pose la question de la qualité de ses emplois que depuis peu. La valeur de l’engagement a souvent valu de passe-droit pour tout type d’écart. Le renouvellement générationnel du rapport au travail et la fameuse quête de sens contribuent à réduire cet oubli.
Mais l’ESS c’est aussi de nombreux emplois féminins sous valorisés qui souffrent d’un fort déficit d’attractivité comme les aides à domicile, les métiers du care, qui sont très largement portés dans des établissement associatifs ou mutualistes. Le volume d’emploi ESS sur les secteurs sociaux et médico-sociaux a triplé en quelques décades et représente 60,4 % de l’ensemble des emplois du secteur.
Si le baromètre de la qualité de vie au travail dans l’ESS (la 4e édition sera dévoilée par Harmonie mutuelle ESS le 28 mars) confirme une note relativement élevée pour les salariés comme pour les dirigeants, la revalorisation des conditions d’emploi et plus globalement de la mise à l’échelle de la valeur sociale et sociétale de ces métiers est l’un des grands combats des associations du secteur et donc de l’ESS pour un emploi décent. Cela dépend tout autant de l’approfondissement de cette vision que tout emploi doit être émancipateur, que de la capacité des fédérations de convaincre les pouvoirs publics de soutenir cet objectif et confirmer ainsi que le plein emploi n’est pas qu’une affaire de taux de chômage, mais bien d’aspirations à créer collectivement des emplois pour tous.
Comment voir l'oasis dans le désert ?
[EDITO] Depuis 20 ans, les inégalités de santé s'accroissent en France. A commencer par l'accès à un médecin généraliste qui devient difficile pour certaines catégories de population qui sont aussi les plus fragiles comme les populations âgées et rurales ou les familles pauvres des quartiers populaires...
L'ESS face aux déserts médicaux
Deux problèmes se posent : le premier est le manque de jeunes médecins d'autant que ces internes n'envisagent pas de suivre le rythme de travail effréné de leurs aînés. On évalue communément qu'il faudra trois internes pour assurer le volume de travail d'un médecin qui part aujourd'hui en retraite.
Ensuite se pose la question de la répartition et de l'accessibilité de cette offre de soins sur le territoire, ce qui nous amènera à parler des conditions d'exercice du métier. Dans ce contexte, Romain Guerry, référent santé du Labo de l'ESS nous rappelle qu'associations et mutuelles participent largement aux soins de premier recours au travers de leurs centres de santé.
Or certains d'entre eux sont en péril, soit parce que trop effacés dans le paysage sanitaire, soit fragilisés par des nouvelles règles qui visent, au départ, les vrais-faux centres dentaires qui abusent du statut associatif.
Côté solutions, nous vous emmenons à Laval où un centre de soins mutualiste innove en salariant de jeunes médecins retraités qui reprennent du service aux côtés de jeunes internes en quête d'implantation.
Et nous sommes aussi allés à la rencontre de Didier Ménard, qui promeut aujourd'hui le modèle coopératif et Scic pour relier enjeux de santé et enjeux sociaux à l'image du centre de santé communautaire qu'il a initié il y a trente ans à Saint-Denis.
Merci à vous de suivre l’ensemble de nos articles, podcasts et vidéos de cet Opus 8 : l’ESS face aux déserts médicaux.
Et n’hésitez pas à les relayer autour de vous !
11 %
[CHIFFRE CLE] En France, 11 % des habitants, rencontre des difficultés pour être suivi par un médecin généraliste faute de professionnels en nombre suffisant et d’une répartition peu égalitaire sur le territoire.
Chiffre clef
Les médecins manquent
11 %, c’est peu statistiquement. Mais c’est beaucoup dès lors que l’on parle de santé et d’accès aux soins de premier recours. Plus d’un français sur dix vit sur un territoire où le nombre de médecins est insuffisant pour suivre correctement l’ensemble des patients. Plus grave, ce chiffre est en forte augmentation puisqu’il était de 7,6 % en 2012 (source : Observatoire Place de la Santé 2020, Mutualité française). La première raison est arithmétique. Nous ne formons pas assez de médecins en France. Sur ce point, il faudra attendre l’effet de l’ouverture du numerus clausus et l’ESS ne peut faire grand-chose sauf à offrir, comme c’est le cas à Laval, l’opportunité à des jeunes médecins retraités de prolonger leur pratique professionnelle en les salariant un jour par semaine dans un centre de santé (écouter notre podcast Une médecine générale, plusieurs générations de médecins).
Inégalités villes, périphéries, rural
La deuxième raison est géographique. De nombreuses zones rurales à la population vieillissante peinent à remplacer leurs médecins, contrairement aux grandes agglomérations. Mais l’inégalité territoriale existe aussi entre des centres-villes cossus et des villes moyennes ou des quartiers populaires denses où, là encore, le nombre de médecins ne suffit pas. Selon l’Observatoire Place de la santé de la Mutualité française, quand Paris affiche 242 généralistes pour 100 000 habitants (seul le département des Hautes-Alpes fait mieux avec 248), les départements l’Eure, l’Ain ou l’Aisne ne dépassent pas les 129 généralistes pour 100 000 habitants, tout comme certains départements franciliens comme la Seine-Saint-Denis et ceux de la grande couronne.
L’ESS lutte contre les inégalités
Sur ce point, l’ESS contribue depuis des décennies à limiter l’impact de cette désertification médicale. En proposant des centres de santé associatifs et mutualistes là où les médecins manquent) et ce sans dépassement d’honoraires (écouter notre entretien en trois parties avec Romain Guerry). 1 emploi de la santé sur 4 en milieu rural est le fait d’une association, une mutuelle ou encore des fondations qui représentent 15 % de l’emploi ESS en santé, principalement dans des établissements hospitaliers (Associations : 73 % de l’emploi et mutuelles : 12 %), selon l’Atlas de l’Economie sociale et solidaire.
Centres de santé
Mais l’ESS favorise aussi les pratiques professionnelles collectives qui contribuent à la qualité du soin et des conditions d’exercice et sont aujourd’hui plébiscitées. En apportant, aussi, une solution salariée et des équipes qui permettent au médecin de se concentrer sur le soin, plutôt que sur la gestion administrative. Plus de la moitié des 957 centres de santé médicaux sont gérés par une association (437) ou une mutuelle (67) (chiffres 2021 de la Fédération nationale des Centres de santé). Le renforcement du soutien à ces formes d’exercices de la médecine est un enjeu aujourd’hui, autant que le soutien aux innovations promues par l’ESS, que ce soit la santé communautaire ou les coopérations territoriales qui remettent la santé au cœur des préoccupations des collectivités, tout comme des citoyens.
🎧 Comment mener la transformation écologique de son organisation
[INTERVIEW] Ness a convié deux experts de la transition écologique et de l’ESS pour parler concept, méthode et financement de la transformation écologique de nos organisations : Aurore Médieu, responsable du Pôle transition écologique d’ESS France et co animatrice du Centre de ressources « DLA » sur la Transformation écologique et Jean-Sébastien Tronchon de la coopérative ImmaTerra.
NESS #10 - Comment mener la transformation écologique de son organisation
🎧 La transition écologique est facteur d’amélioration de nos activités
[REPORTAGE] L’Union des associations familiales de l’Hérault s’est engagée dès 2010 sur la réduction de ses impacts environnementaux. A l’époque, on parlait de Responsabilité sociétale des organisations pour cadrer une démarche globale. Près de quinze ans après, le travail est encore en cours, mais il a permis de réfléchir autrement une démarche écologique en phase avec la mission d’intérêt général de l’association.
NESS #10 - La transition écologique est facteur d’amélioration de nos activités
L'ESS face à la spirale de l'absentéisme
{Dossier#9} L’absentéisme atteint des sommets. La moitié des salariés ont connu un arrêt maladie en 2022. Autre fait marquant, les troubles psychologiques sont bien installés en tête des causes des arrêts longs et sont la troisième cause d’arrêt court (derrière les maladies ordinaires et la Covid). Comment s’en sortent les entreprises de l’ESS, elles qui sont animées par le sens de leur mission et l’enjeu humain de leur travail ? L’absentéisme dans l’ESS nourrit aisément un cercle vicieux : le sous-effectif alimente la surcharge individuelle de travail qui devient un facteur de risque de troubles psychologiques, qui alimente… l’absentéisme.
Alors comment sortir de la spirale ? Réponses en explications et décryptages dans le numéro 9 de Ness.
Absentéisme : comment agir à court terme ?
[VIDEO] Avec plus d'un salarié sur deux en arrêt de travail en 2022, l'absentéisme atteint un niveau historique. Dans l'ESS travailler en sous-effectif est un facteur de risque supplémentaire car le sens des missions incite fortement les salariés à assurer le travail coûte que coûte.
Renforcer le mental du collectif pour gérer la charge de travail
[PODCAST] L'absentéisme augmente comme l'indique tous les baromètres. Une meilleure gestion de la charge de travail est un axe important pour limiter cette augmentation, voire inverser la courbe. Emmanuelle Paradis et Younes Benhjab, chefs de projet du pôle santé et qualité de vie au travail d'Harmonie Mutuelle ESS nous aident à cerner le problème sur les métiers de l'ESS et expliquent comment tisser un cadre d'amélioration des pratiques.
Et si on parlait d'arrêt de travail plutôt que d'absentéisme du salarié ?
[PODCAST] Et si on arrêtait de parler d'absentéisme qui désigne le salarié pour parler simplement d'arrêts de travail. C'est une posture adoptée par l'Observatoire de l'imprévoyance du Groupe VYV qui a étudié les motifs et conséquences des arrêts longs et questionné l'opposition traditionnelle entre maladie et activité professionnelle.
Agnès Riu, directrice de la prévoyance du Groupe VYV partage les résultats de cette étude et trace les pistes d'un véritable accompagnement du salarié pour anticiper les conditions de son retour.
Agir avant que cela ne craque
[DECRYPTAGE] Dans un secteur où le sens de la mission humaine prime souvent sur sa propre condition, l'absentéisme nourrit l'absentéisme. Le manque d'effectif augmente la charge des équipes présentes, qui conduit à leur sur engagement et, si rien n'est fait, à l'épuisement professionnel... qui nourrit l'absentéisme. Se préoccuper de la charge de travail, relève autant d'un enjeu de responsabilité de l'employeur que de préservation des capacités des organisations à assurer leurs missions.
66 %
[CHIFFRE CLE] Les deux tiers des salariés ayant connu un arrêt long évoquent une origine liée à l'environnement professionnel selon une étude de l'Observatoire de l'imprévoyance (Groupe VYV). Le travail ne serait-il plus cet idéal émancipateur ?
Découvrez notre infographie originale...
🎧 Les Podcasts Ness #09 : l'ESS face à la spirale de l'absentéisme
[PODCAST] L'absentéisme atteint des niveaux historiques et notamment dans l'économie sociale et solidaire où le sens professionnel pousse souvent à compenser l'absence des collègues et la baisse des moyens par l'acceptation de la surcharge de travail. Jusqu'à ce que ça craque. Comment mieux gérer sa charge de travail et comment mieux gérer les arrêts longs pour préparer le retour du salarié dans les meilleures conditions... deux questions, deux podcasts.
Renforcer le mental du collectif pour gérer la charge de travail
L'absentéisme augmente comme l'indique tous les baromètres. Une meilleure gestion de la charge de travail est un axe important pour limiter cette augmentation, voire inverser la courbe. Emmanuelle Paradis et Younes Benhjab, chefs de projet du pôle santé et qualité de vie au travail d'Harmonie Mutuelle ESS nous aident à cerner le problème sur les métiers de l'ESS et expliquent comment tisser un cadre d'amélioration des pratiques.
Et si on parlait d'arrêt de travail plutôt que d'absentéisme du salarié ?
Et si on arrêtait de parler d'absentéisme qui désigne le salarié pour parler simplement d'arrêts de travail. C'est une posture adoptée par l'Observatoire de l'imprévoyance du Groupe VYV qui a étudié les motifs et conséquences des arrêts longs et questionné l'opposition traditionnelle entre maladie et activité professionnelle. Agnès Riu, directrice de la prévoyance du Groupe VYV partage les résultats de cette étude et trace les pistes d'un véritable accompagnement du salarié pour anticiper les conditions de son retour.
Absentéisme : comment agir à court terme ?
[EDITO] Avec plus d'un salarié sur deux en arrêt de travail en 2022, l'absentéisme atteint un niveau historique. Dans l'ESS travailler en sous-effectif est un facteur de risque supplémentaire car le sens des missions incite fortement les salariés à assurer le travail coûte que coûte.
[Ness#9-Edito] Absentéisme : comment agir à court terme ?
Quelles sont les solutions pour enrayer la hausse de l'absentéisme ? Cette hausse constatée par tous les baromètres, elle touche l'ESS comme l'ensemble des entreprises et se résume en deux infos...
En 2022, on a dépassé le seuil symbolique des 50 % de salariés qui ont connu un arrêt de travail.
Et les troubles psychologiques deviennent une cause majeure de ces arrêts. C'est même le premier facteur des arrêts longs.
Et pourtant... une étude récente de l'Observatoire de l'imprévoyance rappelle que 85 % de la population active considère le travail comme une source d'épanouissement. Le sujet de l'absentéisme n'est donc pas celui d'une démotivation générale à travailler. Il est dans la capacité des organisations à créer, malgré les contraintes, les conditions d'activité qui permettent ce bonheur de travailler...
L'intensification du travail, comme partout ailleurs génère de l'isolement et de la souffrance qui débouchent sur des arrêts.
Mais les métiers de l'ESS, majoritairement tournés vers l'humain sont porteurs de sens. Ils motivent les salariés à assurer leurs missions, coûte que coûte, quitte à faire passer la mission avant leur santé... jusqu'à ce que ça craque. Les employeurs de l'ESS doivent donc faire face à une véritable spirale de l'absentéisme...
Pour s'en sortir, l'attractivité des métiers, les moyens alloués aux missions sociales sont des leviers majeurs et globaux.
Mais comment chaque structure peut-elle agir à court terme, quels sont les leviers d'amélioration à la portée de chaque établissement ? C'est à ces questions que Ness tente de répondre en allant interroger experts et dirigeants ...
Merci à vous de suivre cet opus 9... "L'ESS face à la spirale de l'absentéisme"
L'ESS face aux déserts médicaux
{Dossier#8} L'accès aux soins de premier recours est un enjeu de santé publique. Les centres de soins mutualistes, associatifs se sont très souvent installés ou maintenus dans des zones où la médecine libérale perdait du terrain. L'ESS est-elle alors une solution pour faire reculer les déserts médicaux ? Oui, assurément, même si ce n'est pas l'ESS qui règlera le manque quantitatif de médecins. Elle peut toutefois faire mieux reconnaître des modèles d'organisation qui répondent aux enjeux territoriaux et sociaux, ainsi qu'aux nouvelles aspirations professionnelles des jeunes médecins.
Comment voir l'oasis dans le désert ?
Comment l’ESS peut-elle faire reculer les déserts médicaux ?
[PODCAST] Quelle place les structures de l'ESS ont dans le secteur de la santé et notamment les soins de premier recours ? Que font-elles aujourd'hui et que pourraient-elles faire demain pour améliorer l'accessibilité sociale et géographique aux soins ? Romain Guerry, référent santé au sein du Labo de l'ESS détaille constats et solutions.
A Laval, une médecine générale, plusieurs générations de médecins
[PODCAST] Comment résoudre la pénurie de médecins en Mayenne? Le Service médical de proximité apporte deux solutions. Une solution immédiate : recruter des jeunes généralistes retraités pour augmenter l'offre de soins et l'opportunité d'avoir un médecin traitant dans un quartier populaire de Laval. Une solution de long terme : attirer des internes dans ce centre et les inciter à s'installer au terme de leur formation. Et ça marche ! Reportage
Aller vers le patient… le versant caché de l’accès aux soins made in ESS
[PODCAST] Didier Ménard a créé dans les années quatre-vingt un centre de santé au cœur des Francs-Moisins, une cité de Saint-Denis. Il y développe avec d’autres médecins et les habitants la pratique de la santé communautaire. Une façon de soigner qui intègre le patient et ses réalités, notamment sociales, dans la manière de faire de la santé. Didier Ménard a passé la main après la transformation de l’association en une Société coopérative d’intérêt collectif dénommée La place santé. Il nous raconte son expérience et la promesse qu’elle représente pour défendre l’accès aux soins.
Santé pour tous ! Santé partout !
[DECRYPTAGE] L’ESS n’est pas LA solution aux désert médicaux, mais elle en est une. Et elle est trop peu sollicitée par les politiques publiques. Les associations, mutuelles et coopératives conjuguent pourtant la culture de l’intérêt général à une forte capacité à travailler l’amélioration de l’offre de soins de premier recours en pleine coopération avec l’ensemble des parties prenantes à l’échelle d’un territoire.
11 %
[CHIFFRE CLE] En France, 11 % des habitants (plus de un sur dix), rencontre des difficultés pour être suivi par un médecin généraliste faute de professionnels en nombre suffisant et d’une répartition peu égalitaire sur le territoire.
🎧 Les Podcasts Ness #08 : l’ESS face aux déserts médicaux
[PODCAST] En trois podcasts, mettez-vous au clair sur ce que fait et devra faire l'Economie sociale et solidaire pour lutter contre les déserts médicaux. Un entretien expert pour cadrer le sujet avec Romain Guerry, référent santé au Labo de l'ESS ; un reportage dans un centre de soin mutualiste qui innove pour compenser le manque de médecins en Mayenne ; un second entretien expert avec Didier Ménard, la référence de la santé communautaire en France, qui défend aujourd'hui le modèle coopératif comme modèle d'avenir pour une santé au plus près des personnes.
Podcast Expert : comment l’ESS peut-elle faire reculer les déserts médicaux ?
Quelle place les structures de l'ESS ont dans le secteur de la santé et notamment les soins de premier recours ? Que font-elles aujourd'hui et que pourraient-elles faire demain pour améliorer l'accessibilité sociale et géographique aux soins ? Romain Guerry, référent santé au sein du Labo de l'ESS nous éclaire sur les capacités des associations, mutuelles et coopératives à faire reculer les déserts médicaux.
Podcast Reportage : à Laval, une médecine générale, plusieurs générations de médecins
Comment résoudre la pénurie de médecins en Mayenne ? Le Service médical de proximité apporte deux solutions. Une solution immédiate : recruter des jeunes généralistes retraités pour augmenter l'offre de soins dans un quartier populaire de Laval. Une solution de long terme : attirer des internes dans ce centre, formés par ces retraités et les inviter à s'installer au terme de leur formation. Et ça marche ! Reportage
Podcast Expert : aller vers le patient… le versant caché de l’accès aux soins made in ESS
Didier Ménard a créé dans les années quatre-vingt un centre de santé au cœur des Francs-Moisins, une cité de Saint-Denis. Il y développe avec d’autres médecins et les habitants la pratique de la santé communautaire. Une façon de soigner qui intègre le patient et ses réalités, notamment sociales, dans la manière de faire de la santé. Didier Ménard a passé la main après la transformation de l’association en une Société coopérative d’intérêt collectif dénommée La place santé. Il nous raconte son expérience et la promesse qu’elle représente pour défendre l’accès aux soins.
🎧 Ness hors-série #03- Où en est la qualité de vie au travail dans l'ESS ?
Que disent salariés et dirigeants de leur QVT ? Quel est l'impact des changements organisationnels souvent contraints sur le quotidien des professionnels ? Comment améliorer la conduite du changement ? Organiser la participation active des salariés est une solution, oui, mais comment ? Ecoutez les éclairages de Pascal Ughetto, sociologue expert des transformations du travail et Justine Alazard, cheffe de projet au Pôle SQVT d'Harmonie Mutuelle ESS.
🎧 Ness hors-série #03- QVT et conduite du changement, récit d'une DRH de transition
Isabelle Boyer a travaillé dans différents secteurs de l'ESS comme DRH. Aujourd'hui, elle conduit des missions courtes auprès d'associations pour les accompagner dans leurs changements organisationnels. Elle nous éclaire au travers d'une expérience sur les ressorts du changement organisationnel au service de la QVT.
QVT dans l'ESS, les nouvelles données
{Dossier#HS3} La note globale de la qualité de vie au travail dans l'ESS est stable selon le 4e baromètre de la QVT d'Harmonie Mutuelle ESS, notamment grâce à un engagement salariés toujours fort sur le sens de leurs missions. Une quatrième édition qui fait un focus sur les pratiques et conduites de changement alors que de nombreux secteurs sont soumis à des évolutions profondes qui impactent le quotidien du travail.
Une qualité de vie au travail stable dans l'ESS, malgré des inquiétudes
[ANALYSE] La 4e édition du Baromètre national de la qualité de vie au travail (QVT) dans l’ESS révèle un ressenti globalement stable tant pour les salariés que pour les dirigeants. Le sens du travail reste un moteur pour des salariés qui décrivent tout de même, pour une partie d’entre eux, une dégradation de leur QVT.
Où en est la QVT dans l'ESS ?
[PODCAST] Que disent salariés et dirigeants de leur qualité de vie au travail (QVT) ? Quel est l'impact des changements organisationnels souvent contraints sur le quotidien des professionnels ? Comment améliorer la conduite du changement ? Organiser la participation active des salariés est une solution, oui, mais comment ? Ecoutez les éclairages de Pascal Ughetto, sociologue expert des transformations du travail et Justine Alazard, cheffe de projet au Pôle SQVT d'Harmonie Mutuelle ESS.
Suivez l'ensemble de la restitution des résultats
[VIDEO] Retrouvez l'intégralité de l'événement de restitution de 4e Baromètre de la qualité de vie au travail dans l'économie sociale et solidaire. Les chiffres, les tendances et un focus sur les enjeux de la conduite du changement pour la QVT des professionnels avec des situations concrètes et des solutions.
QVT et conduite du changement, récit d'une DRH de transition
[PODCAST] Isabelle Boyer a travaillé dans différents secteurs de l'ESS comme DRH. Aujourd'hui, elle conduit des missions courtes auprès d'associations pour les accompagner dans leurs changements organisationnels. Elle nous éclaire au travers d'une expérience sur les ressorts du changement organisationnel au service de la QVT.
Plein emploi, le retour ?
L'ESS est au cœur des luttes contre les inégalités pour une société avec un emploi pour chacun. La perspective d'un retour du plein emploi sonne-t-elle pour autant comme un aboutissement ?
Le chômage baisse depuis 2016. Son taux est autour des 8 % aujourd’hui et la perspective du plein emploi rejaillit dans les discours officiels. En septembre dernier, le ministre du Travail a présenté sa stratégie intitulée « Objectif plein emploi » autour de la réforme des retraites, de l’assurance chômage et du RSA.
La mission de Ness n’est pas de traiter de l’actualité politique de ces dossiers, mais bien de décrypter comment l’ESS se positionne sur le sujet de l’emploi et du travail au regard de cette perspective.
L’économie solidaire qui émerge dans les années 70 et 80 s’est construite, entre autres, dans le combat contre les inégalités générées par le chômage de masse. Partage-t-elle cet optimisme d’un retour prochain du plein emploi ? Et au-delà de cette hypothèse, comment l’ESS perçoit-elle notre société du travail aujourd’hui ?
Nous en parlons notamment avec Jean-Christophe Sarrot, auteur de l’ouvrage Repenser l’emploi. Il raconte l’expérimentation des Territoires zéro chômeur de longue durée et nous explique que parler sérieusement d’emploi c’est d’abord parler d’emploi décent.
Nous recevons aussi Frédéric Bardeau, fondateur de Simplon, qui pointera de son côté, l’enjeu d’une formation professionnelle qui profiterait enfin à ceux qui en ont le plus besoin.
Par les Territoires zéro chômeur, l’insertion par l’activité économique, la formation, les organisations de l’ESS révèlent le potentiel d’une économie qui imagine l’emploi au service des personnes et non l’inverse. Ce n’est pas toujours simple et couronné de succès, mais les modèles sont là.
Merci à vous de suivre l’ensemble de nos articles, podcasts et vidéos de cet Opus 7 : l’ESS à la tête du plein emploi.
Et n’hésitez pas à les relayer autour de vous !