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Actualités
DictioNess#3, P-T-C-E…
[VIDEO] Qu’est-ce-que ça peut bien être ?
Inspirons, rESSpirez... comment l'ESS nous relie à l'essentiel ?
{Dossier#2} Dans ce numéro, nous regardons comment les associations se préparent à combler le déficit de lien social que nous avons subi durant la crise sanitaire. Nous sommes à nouveau autorisés à prendre l'air et se divertir, mais quid de tous les pans de notre vie sociale qui contribuent à l'édifice du vivre ensemble : fréquenter son club de sport, s'engager bénévolement, visiter les associations culturelles, organiser la solidarité entre habitants, offrir l'accès aux vacances et aux loisirs pour tous. Autrement dit, comment refaire groupe et se sentir acteur de la société ?
📇 L'air d'être ensemble
[EDITO] C'est l 'été, les masques tombent sous le soleil (pas encore en intérieur) et nous jouissons du plaisir de nous retrouver ensemble. Mais il en faudra un peu plus pour repousser la tendance au repli sur soi qui a atteint nombre d'entre nous.
📓 "rESSpirer", découvrez la définition du DictioNess !
[VIDEO] Découvrez notre glossaire au ton décalé en commençant par un néologisme 100 % Ness : "rESSpirer".
📣 Comment l'emploi dans l'ESS a résisté en 2020
[FOCUS] Nous vous dévoilons notre analyse des chiffres de l'emploi dans l'ESS en 2020, au moment de la publication de la Note de conjoncture de l'emploi dans l'ESS par ESS France et l'Observatoire national de l'ESS.
📓 DictioNess #2, le Sport !
[VIDEO] Il n'y a pas que de la sueur dans le sport... découvrez la définition du DictioNess.
🔍 Relancer la fabrique du vivre ensemble
[ANALYSE] Perte d'adhérents, reflux de l'engagement bénévole... les associations comptent bien sur la relance des activités pour voir à nouveau la vie repartir. Mais cette crise a causé des dégâts. Dans les associations bien sûr dont l'emploi a souffert là où les activités étaient à l'arrêt, mais aussi et surtout dans la population. La tendance au repli sur soi est palpable dans certains quartiers et villages. Non seulement la compensation du distanciel a créé de nouvelles habitudes. Mais le "Ah quoi bon !" arrive aussi aux oreilles des professionnels qui côtoient ceux qui peinent à être reconnus comme des citoyens actifs à part entière.
🎧 La MJC est le poumon du lien social à Bollwiller
[PODCAST] Ness s'est rendu à Bollwiller, bourg de l'agglomération de Mulhouse. La MJC apparaît comme un poumon de la vie sociale avec ses activités artistiques, son école de danse (la plus grande du Haut-Rhin), ses accueils de loisirs et même une crèche ! Nous sommes allés leur demander comment ils ont maintenu le lien et comment ils préparent la rentrée de septembre. Entre innovation technologique et énergie humaine : reportage dans la fabrique du lien social.
📈 L'infographie Ness
[INFOGRAPHIE] Perte d'emploi, moral des dirigeants associatifs, enjeux du lien social, Ness a compulsé les données fortes des dernières enquêtes et études des réseaux de l'ESS (ESS France, Le Mouvement associatif...).
📓 DictioNess #3 Centre social
[VIDEO] Un "centre social", qu'est-ce que ça peut bien être... selon le DictioNess bien sûr.
🎧 Le lien (social) qui libère
[PODCAST] L'interview expert nous permet de prendre de la hauteur sur notre sujet. Une libre discussion avec un professionnel du secteur qui nous fait remonter sa vision du terrain et nous livre sa vision à long terme pour assurer sa mission de cultiver le lien, le vivre ensemble et la solidarité.
📚 Pour aller plus loin...
[RESSOURCES] Etudes, sondages, rapports, mais aussi idées de livre et film ou série. Les ressources du Ness c'est la bibliothèque qui nous a servi à construire ce dossier et le plaisir de regarder, autrement, le sujet grâce aux écrivains et artistes.
L'air d'être ensemble
Ness opus 2 ! C'est l 'été, les masques tombent sous le soleil (pas encore en intérieur) et nous jouissons du plaisir de nous retrouver ensemble. Mais il en faudra un peu plus pour repousser la tendance au repli sur soi qui a atteint nombre d'entre nous. Ce dossier explore les poches d'air et les corridors sociaux que les associations relancent actuellement pour remettre en marche la grande fabrique du vivre ensemble. Une analyse du défi qui se pose aux associations culturelles, sportives et de l'éducation populaire qui sortent tout juste d'une longue bataille pour ne pas (trop) perdre le lien avec les citoyens et leurs adhérents.
Il est temps de prendre l'air ! Nous avons retrouvé les terrasses et tombé le masque dans les rues, mais autre chose a manqué pour des millions de citoyens. C'est la vie sociale que nous apportent les associations culturelles, sportives qui ont vécu une année blanche,mais aussi cette culture du vivre ensemble et du pouvoir d'agir que nous apportent les centres sociaux et l'ensemble des associations de l'éducation populaire.
Un seul chiffre pour illustrer le contexte : en mars dernier, c'était encore 40 % des associations qui étaient à l'arrêt.
Ce numéro de Ness se projette vers l'avenir et pose une question simple : comment, ce coeur battant de l'ESS se prépare à renouer avec la vie des autres et relancer le moteur du vivre ensemble ? Il est difficile de mesurer l'impact de la crise sanitaire sur cette question. Mais l'expression de "repli sur soi" est dans toutes les têtes. Si les associations se sont adaptées, elles savent aussi que désormais, il faut retisser les fils du lien social, que ce soit des familles précarisées ou des adhérents démobilisés.
De nombreux acteurs de terrain font remonter la tendance du "A quoi bon ?", du repli sur soi. Dans le sport et les associations culturelles, il faudra reconquérir les adhérents perdus. Alors comment les associations sont prêtes à relancer le moteur du vivre ensemble ? Nos podcasts et articles vous raconterons comment les associations s'organisent, se remobilisent et adaptent leurs actions pour répondre à la nouvelle donne. Nous irons voir aussi du côté de l'emploi et de la santé économique des structures qui, pour ce qui est de la culture, du sport et du lien social, ont été mis à rude épreuve durant cette crise. Nous vous le décrirons en infographie et en texte.
Dans ce dossier il sera aussi question des 2,3 millions de salariés de l'ESS. Nous parlerons d'emploi car il a été touché par la crise, tout particulièrement dans les secteurs qui sont au coeur de notre dossier. En partenariat avec ESS France et l'Observatoire national de l'ESS, nous dévoilerons en exclusivité les principaux enseignements de la Note de conjoncture de l'emploi ESS le 5 juillet, jour de publication de l'étude.
Inspirons... rESSpirez, comment l'ESS nous relie à l'essentiel ? c'est le nouveau dossier de Ness, merci à tous de nous suivre et très bon été à vous !
"rESSpirer", découvrez la définition du DictioNess !
[VIDEO] Dans ce numéro, nous vous invitons à regarder comment le monde associatif relève le défi de combler le déficit de lien social dû à la crise sanitaire. Découvrez notre glossaire au ton décalé en commençant par un néologisme 100 % Ness : "rESSpirer".
#rESSpirer
Emploi : l'ESS souffre mais ne rompt pas
[FOCUS] L'emploi dans l'ESS n'a baissé que de 0,9 % en 2020 grâce à une rebond à partir de l'automne. Un chiffre moins élevé que dans l'ensemble de l'emploi privé (-2,2 %), mais des branches d'activité ont souffert plus que d'autres et les inconnues sont trop nombreuses pour savoir si le rebond de fin d'année se prolongera en 2021. Découvrez les principaux enseignements de la Note de conjoncture de l'ESS publiée par ESS France et réalisée par l'Observatoire national de l'économie sociale et solidaire.
Acte I : 2e trimestre 2020, 1er confinement. L'ESS voit disparaître 52500 emplois (par rapport au 2e trimestre 2019). La chute est rude. Plus forte que dans le reste de l'économie privé. Acte II : 4e trimestre 2020, 2e confinement. L'ESS a remonté la pente et la chute n'est plus que de 18783 emplois par rapport à la fin 2019. Sur l'année 2020, l'emploi n'aura baissé que de 0,9 % alors que l'emploi privé, lui, diminue de 2,2 %.
Sport et loisirs, culture, hébergement...
Ces chiffres, publiés dans la Note de conjoncture de l'emploi ESS en 2020, révèlent que les entreprises de l'ESS sont parvenues à rebondir dès que l'activité a, à nouveau, été possible après le premier confinement. Mais la situation est très contrastée selon les branches d'activité et les statuts. Ce sont les associations qui ont le plus perdu d'emploi. Et tout particulièrement les associations culturelles, sportives et de loisirs, ainsi que l'hébergement et la restauration : 22255 emplois perdus. Elles ont en commun d'avoir été les plus entravées dans leurs activités. Lieux culturels fermés et clubs de sport fermés, tourisme social en sommeil...
Ce sont aussi des secteurs qui ont largement recours aux contrats courts, que ce soit CDD, intermittents du spectacle et saisonniers. Cette baisse correspond très majoritairement à des non-recrutements du fait de l'annulation des activités (intermittents dans la culture, saisonniers, animateurs) ou à des non-renouvellements de CDD, les contrats courts étant très fréquent dans ces secteurs. La chute est très forte pour ces branches puisque l'on parle de -13 à -15 % de l'emploi dans ces branches.
La santé compense en partie
D'autres branches ont, elles, gagné des salariés. C'est le cas de la santé (+2,4 %) et du médico-social (+1,7 %). Une augmentation logique au regard de la mobilisation de notre système sanitaire mais qui ne peut être interprétée comme une augmentation pérenne. Les créations de postes sont certainement moins nombreuses que l'embauche de renforts, notamment en interim, pour absorber le surcroît d'activité mais aussi les arrêts maladies causés par la Covid (arrêt pour garde d'enfant durant le premier confinement, arrêt maladie, épuisement...). Par ailleurs, les augmentations de salaires obtenues par le secteur public lors du Ségur de la Santé n'interdisent pas de voir un phénomène de déport des professionnels du secteur associatif vers le secteur public. Ce contexte pose l'enjeu fort de la revalorisation des salaires dans la santé et le médico-social associatif afin de réduire l'avantage salarial concurrentiel actuel du public.
Peu d'impact du Covid sur les autres statuts
Entre secteurs en baisse et secteurs en hausse, les associations ont perdu 20 000 emplois en 2020. Le gap qui nous sépare des 18783 emplois perdus dans l'ESS est à chercher du côté des fondations et des coopératives dont le nombre de salariés a augmenté. Une augmentation tendanciel ces dernières années, signe que coopératives et fondations ont fait mieux que résister durant la crise sanitaire. Pour les fondations, l'augmentation peut s'expliquer entre autre par la bascule d'associations du secteur de la santé vers le statut de fondation et par le nombre croissant de fonds de dotation.
Côté coopératives, la hausse est infime, atténuée par la baisse légère et structurelle de l'emploi dans le secteur bancaire. Cette quasi stabilité reste le signe d'une belle résistance d'entreprises engagées dans des secteurs commerciaux et concurrentiels. A noter une hausse sensible des emplois dans les coopératives HLM et dans les coopératives de transport. Faut-il y voir l'impact du boom du transport sur le dernier kilomètre où les Scop se sont multipliées ? Il faudra attendre pour le savoir.
Le secteur mutualiste perd de l'emploi, mais cette baisse est plus structurelle que conjoncturelle.
Un gros creux puis le rebond
La Note de conjoncture avance plusieurs explications sur cette courbe de l'emploi 2020 et le creux du 2e trimestre avant le rebond. Elle s'appuie notamment sur la disparition des établissements de l'ESS au sens de l'Urssaf : un établissement disparait dès lors qu'il ne déclare aucune activité salariée durant trois mois (le chômage partiel, fortement mobilisé par les associations, n'est pas pris en compte). Là aussi, la baisse est importante au deuxième trimestre avec plus de 3000 établissements qui sortent du radar de l'Urssaf. Mais ceux-ci réapparaissent en grande partie entre le troisième et le quatrième trimestre. Pour Benjamin Roger, "on peut le mettre en partie sur le compte d'un effet retard de l'accès aux aides d'Etat" pour les associations. L'amélioration de l'accès au fonds de solidarité et la création du fonds UrgencESS ont amélioré la situation par la suite. Et bien sûr, le second confinement a été plus souple, permettant un retour à l'activité notamment du fait du maintien de l'enseignement scolaire et donc de l'accueil de loisirs.
Résilience
Cette année 2020 démontre la capacité de résilience des modèles entrepreneuriaux de l'ESS. Elle informe aussi sur les piliers de cette capacité. Aujourd'hui, une association couvre, en moyenne, 40 % de ses ressources via des fonds publics (source Le paysage associatif français). Les enquêtes du Mouvement associatif menées auprès des dirigeants associatifs durant la crise ont d'ailleurs montré qu'une majorité d'associations disposaient d'une trésorerie leur permettant de tenir au moins six mois. Mais le soutien de pouvoirs publics reste fondamental. Sans le chômage partiel et le maintien, globalement assuré, des subventions par les collectivités publiques, les associations n'auraient pas fait que disparaître temporairement des tablettes de l'Urssaf avant de réapparaître au fil des mois. D’ailleurs l’impact de la crise sanitaire sur l’emploi ESS se situe à peu près au même niveau que celui de la fin de la politique des contrats aidés, fin 2017 et causé, en grand partie, la baisse de 0,6 % de l’emploi en 2018. Un autre signe de l'importance du soutien public à la vie associative.
Retrouver le souffle de vie… collective
Dans tous les secteurs de l’éducation populaire, de la culture ou du sport, l’espoir de relancer l’activité plein pot se conjugue à la motivation de faire reculer la tendance au repli sur soi. Car il ne suffira pas de se revoir pour refaire société collectivement.
Les adhérents disparus dans les confinements vont-ils revenir en septembre ? « C’est la question cruciale pour les administrateurs et les professionnels en ce début de mois de juillet », explique Robert Ricciuti, directeur de la MJC-Centre social de Bollwiller, village de 4000 habitants au pied des Vosges alsaciennes (écoutez notre podcast). Dans cette MJC, l’interruption des activités culturelles a vu disparaître 600 des 1700 adhérents en 2020. La reprise des cours de danse (800 inscrits habituellement) à partir du mois de mars a permis d’en retrouver 400. Mais il a fallu dépenser beaucoup d’énergie pour motiver les adhérents, dégoter des lieux de cours en extérieur et il a fallu investir dans le matériel : enceintes et tapis d’extérieur, écrans géants et matériel vidéo pour organiser des séances à distance permettant une véritable interaction entre professeurs et élèves. Des efforts que toutes les associations ne pouvaient assumer.
Enjeu économique et social
La question recouvre un enjeu économique et social pour les associations. L’emploi a souffert dans ces secteurs avec des baisses de 12 à 15 % du nombre de contrats en 2020 comme le montre la Note de conjoncture de l’emploi ESS publiée le 5 juillet par ESS France. Les finances aussi, malgré le soutien public comme le chômage partiel, le fonds UrgencESS et le fonds de solidarité dans une moindre part. Dans le sport, 66 % des associations sportives craignent un non-retour des adhérents selon le dernier sondage réalisé par le Cosmos (syndicat employeur de la branche) après la levée des restrictions sanitaires. « Si les adhérents ne reviennent pas quand l’Etat va débrancher les aides, ça va devenir compliqué », s’inquiète Laurent Martini, délégué général du Cosmos.
Adaptation, innovation
Mais au-delà de la santé économique des structures, l’enjeu pour toutes ces associations est de retrouver le sens de leur mission : contribuer au lien social, favoriser le vivre ensemble. Sur ce point, le diagnostic des dégâts causés par les différentes périodes de confinement est relativement sombre. Le confinement a stimulé les innovations pour tenter de réduire les distances et « contourner » la fermeture des lieux clos. Comme l’indique David Cluzeau, délégué général du syndicat employeur Hexopée (animation, sport, culture, tourisme), « On arrive mieux à parler avec des réseaux de jeunes avec le développement du numérique ». Mais la perspective de la rentrée conserve de nombreuses inconnues : « il y a une vraie envie de reprendre le sport, on le sent, mais dans quel cadre ? Retrouver la compétition en clubs ? Plus de pratiques individuelles hors structures ? Veut-on encore payer une adhésion et une licence ? », tambourine Laurent Martini.
De quoi sera fait demain ?
« 18 mois de crise ont modifié des pratiques et des comportements. Cela va avoir un impact sur l’organisation de nos vies, même si les queues devant les magasins n’ont pas disparu, elles. Par exemple, est-ce que le télétravail aura un impact sur les modes d’organisation des familles ? Y aura-t-il une baisse pérenne dans les accueils de loisirs ? Nous sommes obligés de réinterroger nos pratiques », assume David Cluzeau.
Dans les centres sociaux dont le projet est de stimuler la participation des habitants et favoriser leur pouvoir d’agir sur leur territoire au travers de services et de constructions de projets collectifs, on sait déjà qu’il y a un plaisir à retrouver le centre social, ses activités et ses services dédiés aux familles. « Nous avons moins subit le stop and go. 85 % des centres sociaux sont restés actifs durant la période de premier confinement , mais sous des formes différentes via le numérique et des actions hors les murs, grâce à une grosse mobilisation des équipes salariées et bénévoles. La fatigue est là, mais il n’y pas eu à recréer une relation ou un lien de confiance au moment de la reprise », explique Denis Tricoire, délégué national chargé de l’appui au réseau et de la communication à la Fédération des centres sociaux et socio-culturels de France (FCSF). Même si les liens ne se sont pas brisés, les habitants ne sortent pas indemnes de cette période : « autant le lien individuel a pu se maintenir, autant le lien entre groupes d’habitants, le fait de penser et construire les choses collectivement s’est arrêté avec le confinement » regrette Denis Tricoire. C’est un syndrome du « A quoi bon ! » qui remonte du terrain. « Pourtant dans un contexte où une crise démocratique s’exprime (voir la participation aux élections), l’engagement dans la vie de la cité, sur des sujets qui concernent les habitants est fondamental. Et il est aussi vecteur de la reconnaissance de ces habitants et de leur implication. D’où l’enjeu de réinvestir le lien et le collectif », souhaite Denis Tricoire.
Reconstruire du collectif
Comment faire ? Un leitmotiv s’entend dans les centres sociaux : il faut « aller vers ». Autrement dit, partir à la rencontre des populations, notamment les plus vulnérables. La démarche n’est pas nouvelle et avant même le confinement, de nombreux centres sociaux multipliaient les occasions d’aller à la rencontre des habitants en développant des actions itinérantes. La fédération est d’ailleurs le récent lauréat d’un appel à manifestation d’intérêt « Centres sociaux itinérants » qui va permettre le déploiement d’une cinquantaine d’équipements mobiles (camion dans les campagnes, triporteurs dans les zones urbaines) : « l’intention est d’aller à la rencontre des personnes dans leurs espaces de vie et de circulation, de permettre la rencontre et l’écoute individuelle pour ensuite accompagner la rencontre et les projets collectifs. Le principe d’un centre social c’est l’accueil inconditionnel. Mais il faut plus parler du centre social comme un espace de rencontre et de construction dans un territoire plutôt que seulement comme un lieu », décrit Denis Tricoire.
Enjeu démocratique
L’enjeu est profond. L’abstention aux élections régionales, tout particulièrement dans les quartiers prioritaires est un autre signe de ce « A quoi bon ? ». L’importance de la thématique sécuritaire dans une campagne pour des collectivités locales qui n’en ont pas la compétence poussent les acteurs associatifs à réaffirmer aussi le rôle du vivre ensemble qui, lui, est un enjeu pour les élus régionaux et départementaux : « Il faut transformer le langage en disant : oui, il faut de la sécurité mais il faut aussi de la sécurité familiale, professionnelle… Et cela se fait en donnant les moyens d’accéder à la culture et aux loisirs… en travaillant sur d’autres filets de sécurité », explique David Cluzeau. Et de ce point de vue, le délégué général d’Hexopée croit « beaucoup à l’hybridation expérimentée durant le confinement. Notre objectif est de créer du collectif et cette hybridation doit permettre de recréer du lien : on peut aller dans des interstices de vie où on ne pouvait pas aller auparavant. »
Coopération inter acteurs
Selon l’enquête du Mouvement associatif et Recherches & Solidarité parue en mai, plus du tiers des associations estiment que le rapprochement entre associations est une solution pour agir (voir notre infographie). La coopération entre acteurs d’un territoire est aussi un levier fort de consolidation d’un écosystème du vivre ensemble comme le pousse Harold George, directeur du Centre social Bourgogne Pont de Neuville à Tourcoing (écoutez notre podcast en ligne le 20 juillet).
Concrétiser la reconnaissance du rôle des associations
Les associations sont déjà lancées sur le terrain dans la construction de l’avenir, mais David Cluzeau pose les termes de la discussion avec les pouvoirs publics : « Nous avons gagné nos galons d’acteur économique utile à la nation et nous saluons le rôle d’Olivia Grégoire qui fait émerger l’ESS au sein de Bercy. Mais avec quelle distribution des cartes ? Il faut définitivement convaincre que l’ESS n’est pas qu’une économie de secours. C’est une économie permanente, avec des gens qui y travaillent, qui ont une valeur. Ce qu’on doit obtenir à terme c’est la reconnaissance de cette utilité sociale dans des politiques publiques mieux financées, dans la reconnaissance des qualifications de tous nos collaborateurs. Ça passe aussi par du sonnant et du trébuchant. »
Cette reconnaissance, obtenue durant le confinement, dont parle David Cluzeau se retrouve notamment dans le maintien des financements des caisses d’allocation familiales vers les centres sociaux, dès lors qu’ils maintenaient un tant soit peu d’activité : « Le soutien de la CNAF et des collectivités ont été un appui essentiel pour que nos structures ne souffrent pas trop. Notre inquiétude est plus pour demain, quand il faudra rembourser la dette. Il ne faudra pas que le lien social soit le parent pauvre de ces arbitrages », relève Denis Tricoire.
Au Cosmos, on attend beaucoup des mesures prévues pour la rentrée scolaire : une campagne nationale de communication pour inciter à retrouver les clubs de sport et le pass Sport qui permettra aux familles bénéficiant de l’allocation de rentrée scolaire de se faire financer une partie de leurs frais d’adhésion.
Autrement dit, les associations anticipent le risque de voir les pouvoirs publics avoir la mémoire courte au moment où la société d’après sera vraiment d’actualité.
🎧 Ness#02-Ep.1 - Visite exclusive d'un poumon social : la MJC de Bollwiller
[PODCAST] A Bollwiller, au pied des Vosges alsaciennes, la MJC-Centre social est identifiée comme le "poumon social" du territoire.
Avec sa soixantaine de salariés, elle est le premier employeur du village. Elle apporte une foule d'activités et de services familiaux à ses 1700 adhérents (4000 habitants à Bollwiller) qui y trouvent, au-delà des loisirs, un foyer du vivre ensemble. Après dix-huit mois où il a fallu se mobiliser quotidiennement pour trouver les solutions pour maintenir le lien, les équipes de la MJC sortent fatiguées, mais renforcées dans leur capacité à donner corps à leur désir de vivre l'éducation populaire avec les habitants.
Les chiffres qui font le lien
Perte d'emploi, moral des dirigeants associatifs, enjeux du lien social, Ness vous présente en une infographie les six chiffres qui racontent l’ambiance associative au moment de préparer la rentrée.

En glissement annuel, l'ESS a perdu près de 18783 emplois en 2020. Une baisse (-0,9%) moins forte que dans le privé hors ESS (-2,2%). Les secteurs qui ont le plus souffert sont ceux qui ont eu à subir la fermeture drastique de leurs lieux d’accueil ou d’activité : le sport (-13 %), la culture (-14,9%) et l'hébergement, en particulier le tourisme social et familial (-12,9 %).
Source : Observatoire national de l’ESS, ESS France (juillet 2021)

Renouer le lien avec les adhérents et les bénévoles est la principale préoccupation des dirigeants associatifs au moment de la levée des contraintes sanitaires. Le chiffre bondit de dix points en un an en ce qui concerne le lien avec les adhérents (de 45 à 55 %).
Source : Enquête Le Mouvement associatif, RNMA et Recherches & Solidarité (mai 2021)

Ces deux tendances évoquent les deux directions d’évolution pour les associations : renforcer ses moyens par le regroupement et s’adapter à la nouvelle donne sociétale pour assumer les missions associatives.
Source : Enquête Le Mouvement associatif, RNMA et Recherches & Solidarité (mai 2021)
"Centre social", découvrez la définition du DictioNess !
[VIDEO] Un "centre social", qu'est-ce que ça peut bien être... selon le DictioNess bien sûr.
#CentreSocial
🎧 Ness#02-Ep.2 - Un lien (social) qui libère
[PODCAST] Mais c’est quoi ce lien social ? Tout le monde a son idée mais comment le toucher, lui donner une forme, une couleur ? Et comment le vivre ensemble qui en résulte peut agir pour renouer les fils d’une société harmonieuse alors qu’on la décrit archipelisée ?
Harold George vit ces questions au quotidien à son poste de directeur du Centre social Bourgogne dans un quartier populaire de Tourcoing. Parce qu’il agit et parce qu’il réfléchit constamment au coup d’après, Ness s’est entretenu avec lui pour tenter de décrire pourquoi un centre social de quartier est un coeur du vivre ensemble. Premier préjugé à déconstruire : non un centre social n’est pas un lieu d’assistanat. C’est un lieu du collectif et du pouvoir d’agir.
Chéri.e, j'ai quitté le bureau !
{Dossier#1} Dans ce premier numéro de Ness, nous cherchons à comprendre ce que sera le "bureau" demain. Ce lieu que de nombreux salariés n'ont pas revu pendant des semaines, voire des mois parce que la Covid les a poussés au chômage partiel ou au télétravail. Quel impact sur l'organisation du travail, comment le management de proximité va évoluer ? Comment l’ESS innove et propose de nouveaux modèles ?
Suivez nos productions "Chéri•e, j'ai quitté le bureau !" durant les prochaines semaines pour construire ensemble une vision ESS du bureau de demain. Un édito pour poser le sujet, une analyse pour éclairer le débat, des podcast pour illustrer et prendre de la hauteur, une infographie, un dictionnaire animé… Dès qu'une nouvelle production est mise en ligne, son lien est activé. Pour les autres, revenez très bientôt.
Renouveler le collectif de travail
[ÉDITO] La crise sanitaire a fonctionné comme un "crash test" accéléré de mutations du travail qui étaient déjà à l'œuvre. Mais où sera notre « bureau » demain, et comment renouveler le collectif de travail, ce ciment qui relie le professionnel à son équipe, son entreprise ? L’ESS innove de plusieurs manières. Découvrez le avec Ness.
🎧 Reportage au siège du Groupe Ares
[PODCAST] Ness s’est déplacé au siège d’Ares le 1er avril 2021, au lendemain des annonces de renforcement des contraintes sanitaires par Emmanuel Macron. Ce groupe associatif d'insertion francilien a totalement revu son organisation depuis le premier confinement. Un renouvellement permis aussi par une démarche enclenchée dès 2016 pour renouveler les modalités de gouvernance et de management de l'entreprise vers plus d'autonomie et de responsabilisation des équipes.
Consultez notre DictioNess !
[VIDEO] « Télétravail », « organisation hybride », « manageur facilitateur »… en peu de mots et 40 secondes, le DictioNess vous propose un glossaire juste, clair et au ton légèrement décalé des termes clés de notre sujet.
🎧 Une matinée chez Log’ins, mais que fait le directeur ?
[PODCAST] Log'ins est une entreprise logistique du groupe Ares qui emploie une centaine de salariés handicapés en contrat à durée déterminée d’insertion tremplin (CDDI). L'équipe d'accompagnement social et professionnel fonctionne depuis dix-huit mois « sans chef », avec une répartition des responsabilités. Quel impact sur le métier et sur le fonctionnement global de l'entreprise ? Ecoutez-nous pour le savoir…
Nouveaux lieux, nouveaux liens, l'ESS transforme le bureau
[ANALYSE] Un article d'analyse où l'on voit comment l'ESS transforme le travail que ce soit en renouvellant ses modes de management (aide à domicile, sanitaire et social) permettant de faire face aux désordres de la crise sanitaire ou en imaginant les tiers lieux où se construisent cette mixité entre travail et lien social. Un article qui fait s'exprimer acteurs de terrain, dirigeants et experts du travail.
Tu travailles où demain ?
[INFOGRAPHIE] Une visualisation graphique des lieux et des organisations du travail de demain telle que l'ESS le permet dès aujourd'hui : bureaux partagés, renouvellement des fonctionnalités de l'immobilier d'entreprise, tiers lieux ruraux…
🎧 Interview expert de terrain avec Amandine Gaffé, directrice adjointe d'Adéo
[PODCAST] L'association havraise Adéo a mis en œuvre des équipes autonomes dans l'aide à domicile juste avant le premier confinement. Elle nous expliquera ce qu'une transformation du management de proximité apporte à la qualité des missions, mais aussi à l'attractivité des métiers sur un secteur en forte tension.
Pour aller plus loin
[RESSOURCES] Des études, des référentiels, des replay de webinaire qui s'intéressent au "bureau" dans et hors ESS, mais aussi des livres, films pour ouvrir ses chakra sur le sujet.
🎧 Interview expert, quelles nouvelles organisations du travail ?
[PODCAST] L'ESS promoteur d'innovation managériale ? Des entreprises en avance mais aussi en souffrance ? Quels besoins d'accompagnement pour avancer vers le renouvellement des collectifs de travail ?
Entretien croisé entre un expert du pôle SQVT de Chorum et un expert des mutations du travail.
Quand l’ESS redessine la France
[INFOGRAPHIE] Et si nous regardions la France au travers des taux d’emploi ESS par département ? Les plus gros volumes d'emploi de l'ESS se trouvent dans les métropoles, mais les taux d'emploi sont plus élevés dans les territoires les plus exposés aux inégalités sociales.

Comprendre en quoi l'ESS dessine, aujourd'hui, l'activité des territoires passe d'abord par les chiffres de l'emploi. Environ un emploi sur dix relève de l'économie sociale et solidaire. Mais ce taux peut monter beaucoup plus haut. La Lozère, département très majoritairement rural, caracole en tête du classement national avec 26,5 % d'emplois issus de l'ESS. A contrario, les zones sous influence des grandes métropoles, comme l'Île-de-France, affichent des taux d'emploi ESS bien en-dessous de la moyenne nationale. Ce qui ne veut pas dire que l'emploi ESS y est faible en volume, au contraire. Mais il est largement surpassé par la concentration d'emplois hors ESS du fait de la polarisation d'activités industrielles ou de services.
L'exemple le plus flagrant qui se situe au sud de la France métropolitaine, sur une bande qui court de la chaîne pyrénéenne jusqu'à la frontière italienne en remontant par le Massif Central, affiche globalement des taux d'emploi ESS supérieurs à la moyenne avec des taux qui dépassent les 15 % dans les sept départements ruraux, entre le Tarn et la Haute-Loire. Deux zones font exception : la Haute-Garonne dominée par la métropole Toulousaine et les départements du littoral méditerranéen, fortement urbanisés et attractifs économiquement où les taux d'emploi ESS n'atteignent pas les 10 %.
Une économie qui affronte les inégalités
Faut-il en conclure que l'ESS ne parvient à tirer son épingle du jeu que là où les entreprises de capitaux ne vont pas ou plus ? Non, répondent les auteurs de l'Atlas commenté de l'économie sociale et solidaire (éd. Juris Association, coordination Observatoire national de l'ESS) : " [notre] étude met en évidence que l'ESS s’inscrit dans une approche par les inégalités, plutôt qu'une simple approche par la pauvreté monétaire. Ainsi, plus il y a d'inégalités de revenus (rapport interdécile) sur le territoire observé, plus la part des établissements de l'ESS est importante".
Autrement dit l'ESS, dans ses stratégies d'implantation répond d'abord à un objectif de justice sociale. La répartition des associations d'aide à domicile illustre particulièrement bien ce fait. Selon le même Atlas, l'aide à domicile en milieu rural est principalement portée par l'ESS (surtout associative) : "84 % des effectifs ruraux en relèvent contre seulement 68 % à l'échelle de la France entière".
Economie présentielle, économie productive
Reste que le cœur de l'activité de l'ESS dans ces territoires relève d'une économie dite présentielle, c'est-à-dire directement liée à la seule présence d'une population : les services (sociaux et médico-sociaux pour l'ESS), l'enseignement (privé associatif), les commerces (coopératives de commerçants) et les loisirs (périscolaire, tourisme social).
Les activités de production (hormis l'agriculture) ne génèrent que peu d'emploi dans l'ESS dans ces zones alors même que la désindustrialisation a appauvri ces territoires. Le défi de l'ESS est de parvenir à influer sur un développement d'activités endogènes. Cela passe, non pas par la multiplication des implantations de nouvelles activités, mais par la capacité des acteurs de l'ESS à créer de nouveaux récits de développement territorial en mobilisant l'ensemble des acteurs économiques, citoyens et les pouvoirs publics, autour de leurs valeurs de coopération au service de l'intérêt général (voir notre décryptage).
DictioNess #2, le Sport !
[VIDEO] Il n'y a pas que de la sueur dans le sport... découvrez la définition du DictioNess.
Biblio & Filmographie pour aller plus loin
[RESSOURCES] Des chiffres, des mots et des clés pour comprendre l’enjeu du vivre ensemble aujourd’hui. Dans cet article nous répertorions l’ensemble des études et sondages qui nous ont permis de décrire où en sont les associations et comment elles se projettent vers l’avenir. Et parce que la littérature et les arts sont aussi de la connaissance, nous vous suggérons un choix très subjectif deux films et un livre.
Etudes et articles
Bilan de l’emploi dans l’ESS en 2020
Dans cette Note d’analyse de la conjoncture de l’emploi dans l’ESS 2020, l’Observatoire national de l’ESS décrit et analyse un fort recul de l’emploi suite au premier confinement, compensé en partie sur le deuxième semestre.
Accédez à la Note : Cliquez ici
« Un an après, où en sont les associations ? »
Ce sondage a recueilli les réponses d’environ 10 000 associations qui décrivent leur situation, leurs inquiétudes et leurs espoirs face à la crise sanitaire. Il est le troisième depuis le début de la crise et sert de baromètre de la santé des associations. Une enquête du Mouvement associatif en partenariat avec le Réseau national des Maisons des associations et Recherches & Solidarités.
Accédez aux résultats de l'enquête : Cliquez ici
Un an après, où en sont les associations ? Focus sur les associations de la branche Eclat
Hexopée, syndicat employeur des branches animation, sport, culture, tourisme social… a réalisé une extraction des données relevant de sa branche issue de l’enquête « Un an après, où en sont les associations ? » réalisée par le Mouvement associatif et le Réseau national des maisons des associations.
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Conséquences économiques et sociales de la crise Covid, enquête Cosmos n°10
Depuis le début de la crise, le Cosmos, syndicat employeur du sport prend le pouls de ses adhérents. Cette dixième vague de sondage a été réalisée sur les derniers jours du mois de juin, alors que l’étau sanitaire se desserrait totalement.
Films
Mauvaises herbes
réalisé par Kheiron, avec Catherine Deneuve, André Dussolier, 2018
Waël (Kheiron) vit de petites arnaques qu’il réalise avec Monique (Catherine Deneuve) jusqu’à être démasqué par Victor (André Dussolier), un ancien ami de Monique. Il propose à Waël de se racheter en devenant l’animateur d’un programme éducatif pour six jeunes en difficulté. De cette rencontre naîtra une renaissance positive pour chacun. Nous y lisons la force du lien humain qui fait de la construction d’un collectif une force pour que chacun se réalise positivement.
Accédez à la bande annonce du film : Cliquez ici
Joker
réalisé par Todd Phillips, avec Joaquin Phoenix, Zazie Beetz, Robert De Niro, 2019
Gotham City est cette ville métaphorique bien connue des adeptes des Comics, où se concentrent tous les stigmates d’une cité où plus personne ne se regarde vraiment. Sauf, peut-être, à travers l’écran déformant de la télévision. Joaquin Phoenix campe un homme seul, en proie avec son mal être qui sombre dans la folie meurtrière et qui dira, cynique : « Je croyais que ma vie était une tragédie, mais c’est une comédie ! » Un acteur génial, un film sombre, un chef-d’oeuvre d’intensité.
Accédez à la bande annonce du film (VO sous-titre français) : Cliquez ici
📣 Comment l'emploi dans l'ESS a résisté en 2020
La discrétion
de Faïza Guène, Edition Plon, 2020
Ce roman, largement autobiographique, raconte comment Yamina, mère immigrée de quatre enfants, peine à trouver sa place dans la société, comment elle jouera la discrétion pour ne pas se faire remarquer. Et puis elle aura quatre enfants. Chacun avec leurs forces et leurs faiblesses racontent, par leur parcours ce long chemin pour être reconnu par la société, pour trouver sa place, sans travestissement. Car c’est lorsqu’on reste soi et que chacun peut exprimer sa valeur et ses compétences que l’on peut devenir citoyen.
Renouveler le collectif de travail
[ÉDITO] Dans ce premier numéro de Ness, nous cherchons à comprendre ce que sera le "bureau" demain. Ce lieu que de nombreux salariés n'ont pas revu pendant des semaines, voire des mois parce que la Covid les a poussés au chômage partiel ou au télétravail. Quel impact sur l'organisation du travail, comment le management de proximité va évoluer ? Que nous dit l'ESS sur ce sujet ?
La crise sanitaire a fonctionné comme un "crash test" accéléré de mutations du travail qui étaient déjà à l'œuvre. Travailler de chez soi (télétravail), en espace partagé (bureaux distants), autant de pratiques dont on a découvert le potentiel et les limites. Et maintenant, il faut capitaliser et construire les nouvelles organisations managériales.
Il est certain que nous allons de plus en plus hybrider nos lieux de travail. Mais que devient le collectif de travail, ce ciment qui relie le professionnel à son équipe, son entreprise, ce catalyseur de sens pour tous les salariés ?
Au travers d'analyses, de reportages et d'interview en podcast, d'une infographie, nous chercherons à comprendre, en quoi le "bureau", terme générique pour désigner le lieu où nous réalisons notre travail, change de nature et les conséquences que cela aura sur l'organisation du travail.
De nouveaux équilibres vont se construire progressivement
L'ESS innove depuis quelques années sur ces champs. Comme les associations d'aide à domicile qui s'organisent en équipe autonome et créent de nouveaux espaces et temps de travail collectif…
Depuis plus longtemps encore, l'intuition de la mutualisation des espaces, de la coopération, du lien au territoire ont poussé à la création de Cités de l'ESS qui renouvellent les fonctions d'un immobilier d'entreprise. Certaines entreprise de l'ESS cherchent à renouveler, elles aussi, les usages de leurs "bureaux".
Le déploiement de coworking associatifs, de tiers-lieu qui mixtent les usages entre travail, services et lien social sont aussi l'incarnation de cette nouvelle porosité des espaces entre le domicile et le "boulot". Et l'ESS est à la manœuvre, tout particulièrement en milieu rural où la question de l'isolement professionnel et de l'importance de renouveler les liens et les lieux pour faire société est posée.
Suivez nos productions "Chéri•e, j'ai quitté le bureau" durant les prochaines semaines pour construire ensemble une vision ESS du bureau de demain. Vous trouverez ci-dessous un lien vers le sommaire de l'ensemble des contenus de ce numéro. Dès qu'une nouvelle production est mise en ligne, son lien est activé. Pour les autres, revenez très bientôt.