Focus sur la QVT
Les salariés de l’économie sociale évaluent leur qualité de vie au travail avec une note moyenne de 6,1/10 en très léger recul depuis la dernière édition (6,2/10). La baisse est plus marquée chez les dirigeants pour lesquels nous constatons une baisse de 0,3 points depuis la dernière édition, portant leur note QVT 2026 à 6,7/10.
Les résultats montrent également des disparités selon les branches professionnelles. Certaines structures affichent des niveaux de satisfaction plus élevés, comme la branche de la Mutualité ou les Ateliers et chantiers d'insertion (ACI) avec une note respectives confondues (salariés et dirigeants) de 6,6 et 6,5 sur 10. À l’inverse, d’autres secteurs apparaissent plus fragilisés. C’est le cas notamment les Missions locales et PAIO, les structures relevant de la CCN 51 (Établissements privés d'hospitalisation, de soins, de cure et de garde à but non lucratif), ou encore de la CCN 66 (Établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées) où les notes globales oscillent autour de 5,6 à 5,7/10.
Parmi les principaux facteurs d’amélioration de la QVT, l’ambiance de travail au sein des équipes arrive largement en tête. 44 % des salariés considèrent qu’elle constitue un levier d’amélioration de leurs conditions de travail. La qualité des relations humaines, l’entraide entre collègues et la cohésion des équipes sont perçues comme essentielles pour maintenir un climat de travail positif. L’évolution des missions et l’intérêt du travail représentent également un facteur déterminant pour 37 % des répondants, montrant l’importance accordée au contenu des missions, à leur utilité et à leur capacité à rester stimulantes dans le temps.
La disponibilité des responsables hiérarchiques constitue aussi un enjeu majeur. Les salariés attendent un management plus accessible, davantage à l’écoute et capable d’accompagner les équipes dans les situations complexes. À l’inverse, plusieurs facteurs sont identifiés comme dégradant fortement la qualité de vie au travail. Les changements d’organisation fréquents, le manque de moyens humains et financiers ainsi qu’une charge de travail excessive sont les principaux éléments cités. Ces difficultés alimentent un sentiment d’épuisement et de perte de maîtrise du travail quotidien.
Focus sur le sens du travail
Le sens du travail se structure autour de 3 principales dimensions : l’utilité sociale des missions, la cohérence éthique entre les valeurs personnelles et celles de la structure, ainsi que la capacité de développement professionnel et personnel. Les cadres et dirigeants déclarent plus souvent ressentir un fort niveau d’utilité sociale et une capacité de développement dans leur travail, tandis que les salariés non-cadres, services techniques et ceux en contact direct avec le public expriment un sens du travail plus dégradé dans toutes ses dimensions.
Les chiffres montrent notamment que seuls 40 % des salariés occupant des fonctions d’accompagnement du public considèrent que les projets de service évoluent réellement pour répondre aux besoins du public, contre 82 % des dirigeants. De même, seulement 39 % de ces salariés déclarent que leurs propositions sont prises en compte face à des situations de travail complexes, alors que cette perception atteint 75 % chez les dirigeants.
Il ressort également que les principaux déterminants du sens du travail identifiés sont le respect des périmètres de responsabilité de chacun, la charge de travail ainsi que la possibilité de prendre des décisions de façon autonome.
Ces résultats rappellent que la qualité de vie au travail ne se limite pas aux conditions matérielles. Elle repose également sur la reconnaissance, la capacité à agir, la cohérence des valeurs et la qualité des relations humaines. Dans un contexte de transformation des métiers et d’évolution des besoins du public, renforcer le dialogue, soutenir les équipes et favoriser la participation des salariés apparaissent comme des enjeux majeurs pour améliorer durablement la QVT au sein des organisations de l’ESS et nourrir le sens du travail.