Mal-être d'un salarié : 5 repères pour orienter sans se substituer à un professionnel

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Face au mal-être au travail d'un salarié, les RH et dirigeants sont souvent les premiers à percevoir les signaux, bien avant le médecin du travail ou le psychologue. Cette position implique des responsabilités : les troubles psychiques représentent désormais 28% des arrêts de travail de longue durée en France, selon l'Anact*. Voici 5 repères concrets pour orienter efficacement vers un soutien psychologique adapté, sans se substituer à un professionnel.

1. Repérer les signaux sans attendre de certitude

Les signes de mal-être au travail sont rarement explicites. Isolement progressif, irritabilité inhabituelle, baisse de concentration, absences répétées ou présentéisme excessif sont autant d'indicateurs à prendre au sérieux. Ces situations relèvent des risques psychosociaux (RPS) : l'article L. 4121-1 du Code du travail impose à l'employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés. 

Notez les changements observables dans le temps, sans interprétation hâtive, pour disposer d'éléments concrets si une action s'avère nécessaire.

2. Créer les conditions d'une parole possible

Proposez un entretien individuel dans un espace neutre et privé, sans convocation formelle qui pourrait générer de l'anxiété supplémentaire. La formulation compte : "J'ai remarqué que vous semblez traverser une période difficile, je voulais prendre un moment avec vous" ouvre davantage que "On m'a signalé que vous n'alliez pas bien." L'objectif n'est pas d'obtenir des aveux, mais de signifier à la personne qu'elle n'est pas invisible.

3. Écouter sans diagnostiquer ni promettre

Écoutez sans interrompre, sans minimiser et sans chercher à résoudre immédiatement : votre posture est celle d'un interlocuteur attentif, pas d'un thérapeute. Évitez également les promesses que vous ne pourrez pas tenir : confidentialité absolue, aménagement de poste immédiat, etc. Ce que vous pouvez offrir, c'est de la considération et de la clarté sur les étapes suivantes.

4. Orienter vers les professionnels compétents

C'est votre rôle central : flécher le salarié vers les ressources adaptées à sa situation. Le médecin du travail est l'interlocuteur prioritaire. Il peut être saisi par le salarié lui-même ou par l'employeur pour une visite à la demande, conformément à l'article R. 4624-34 du Code du travail. 

Selon la nature des difficultés, le médecin traitant ou un psychologue clinicien peuvent également être mobilisés. Informez le salarié de ses droits sans exercer de pression.

5. Mobiliser la cellule de soutien psychologique Harmonie Mutuelle

Harmonie Mutuelle met à disposition des entreprises une cellule d'écoute et de soutien psychologique par téléphone, incluse dans les solutions santé. Votre rôle est simple : informer le salarié de l'existence de ce dispositif et lui transmettre les coordonnées d'accès. Harmonie Mutuelle prend le relais. Pour aller plus loin, découvrez l'ensemble des solutions de santé mentale au travail proposées aux entreprises. Ce n'est pas un outil de gestion RH, c'est un filet de sécurité humain, activable au moment où le salarié en a besoin.