Fortes chaleurs : comment protéger ses salariés ?

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À partir du 23 juin, la France a traversé un épisode caniculaire exceptionnel, avec plusieurs records de chaleur. Cet épisode confirme que la chaleur ne représente plus un risque ponctuel, mais bel et bien un enjeu structurel pour les employeurs. Leurs obligations légales ont d'ailleurs été renforcées en juillet 2025. Pour les entreprises, anticiper ce risque devient un enjeu de santé, de sécurité et de conformité.

Un risque réel pour la santé des salariés

L’exposition à la chaleur peut entraîner de la fatigue inhabituelle, des maux de tête, de la fièvre, des crampes musculaires, des vertiges ou des nausées, puis une déshydratation sévère, voire un coup de chaleur (« température corporelle supérieure à 40,6 °C, troubles neurologiques, perte de conscience possible ») – ce dernier pouvant conduire jusqu’au décès. Dès l’apparition de ces signes d’alerte chez un salarié, il faut agir rapidement

Pendant les vagues de chaleur, la concentration et la vigilance des salariés diminuent également, ce qui accroît le risque d'erreurs et d'accidents du travail. Les salariés exerçant un travail physique ainsi que les personnes atteintes de pathologies chroniques sont particulièrement exposés. Enfin, les travailleurs les plus âgés figurent eux aussi parmi les populations les plus vulnérables.

Un impact direct sur les entreprises

Absentéisme, baisse de productivité, risque accru d'accidents du travail… : au-delà des conséquences humaines, les fortes chaleurs pèsent également sur l'activité des entreprises. Pendant l’été 2025, plus de 24 000 recours aux soins d'urgence ont ainsi été enregistrés en lien avec la chaleur, plus de 5 700 décès sont survenus et 9 accidents du travail mortels ont été signalés1

Cette évolution du risque est désormais reconnue par la réglementation. Depuis le 1er juillet 2025, le décret n° 2025-482 renforce les obligations des entreprises : les employeurs ne doivent plus attendre la vigilance rouge pour agir, des mesures de prévention doivent désormais être prévues dès le niveau jaune de Météo-France. L'évaluation des risques liés à la chaleur doit par ailleurs être intégrée au Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), et l’organisation du travail doit être adaptée en conséquence.

Des adaptations concrètes du travail

Quelques mesures simples permettent de limiter efficacement les risques, comme : 

  • faciliter l’accès à de l'eau fraîche ; 
  • installer des ventilateurs, des brumisateurs et des stores dans les locaux ; 
  • créer des abris ou des zones d’ombre à l’extérieur ; 
  • aménager les horaires de travail pour éviter les heures les plus chaudes ; 
  • permettre aux salariés d’adapter leur rythme de travail ; 
  • limiter ou reporter autant que possible le travail physique ; 
  • augmenter la fréquence des pauses ; 
  • éviter le travail isolé ; 
  • recourir au télétravail lorsque c’est possible. 

L'enjeu est d'anticiper. Les mesures de prévention doivent être préparées en amont de l'été afin de pouvoir être déclenchées rapidement selon le niveau de vigilance de Météo-France. Une organisation qui permet à la fois de répondre aux nouvelles obligations réglementaires et de protéger efficacement les salariés.

(1) Source : Santé publique France, https://www.santepubliquefrance.fr/climat/fortes-chaleurs-canicule/bulletin-national/chaleur-et-sante-bilan-de-lete-2025