Stress au travail : signes, sources et solutions

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Du mal de ventre au repli sur soi, le stress au travail désigne à la fois des symptômes et des formes variées de souffrance liées au travail, qui se traduisent par des troubles psychologiques, physiques et/ou sociaux très divers. Souvent mal compris, le stress au travail reste une réalité largement répandue : en 2025, près de deux salariés français sur trois déclarent en ressentir au moins une fois par semaine¹. Explications et conseils... 

L'essentiel à retenir 

  • 64 % des travailleurs français déclarent ressentir du stress au travail au moins une fois par semaine¹ ;
  •  Il se manifeste par des symptômes physiques, émotionnels et intellectuels variés ; 
  • Six grandes familles de facteurs de stress sont identifiées, de la surcharge de travail au manque d'autonomie ; 
  • Le stress chronique peut évoluer vers le burn-out, la dépression ou des maladies cardiovasculaires ; 
  • Des solutions concrètes existent pour les salariés comme pour les employeurs, qui ont une obligation légale de prévention.

Qu'est-ce que le stress ?

De l’anglais stress, qui signifie effort intense, le stress est un phénomène naturel d’adaptation de l’organisme face à une contrainte ou un danger. Pour faire front, le corps produit alors des hormones spécifiques qui influencent le comportement. Si le stress n’est pas une maladie, son intensité et sa durée représentent des menaces pour la santé. Selon l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, les travailleurs ressentent du stress à partir du moment où ce que l'on exige d'eux sur le plan professionnel dépasse leur capacité à satisfaire ces attentes.

Stress aigu ou chronique ?

Le stress aigu intervient de manière ponctuelle : prise de parole en public, changement de poste de travail, réalisation urgente d’un travail… Les symptômes (palpitations, tremblements, rougeur, transpiration,…) prennent fin lorsque la situation revient à la normale ou peu après. Le stress chronique découle de l’exposition prolongée et répétée au stress. À terme, il peut provoquer des pathologies graves (perturbation du métabolisme, maladies cardiovasculaires, troubles musculo-squelettiques, syndrome d’épuisement professionnel (burnout), ennui au travail (bore-out), dépression sévère).

Les sources du stress au travail

On peut classer les facteurs à l’origine du stress au travail en plusieurs catégories.

  • L’intensité et le temps de travail : difficulté des tâches, contraintes liées au rythme de travail.
  • Les exigences émotionnelles : nécessité d’un contrôle de soi permanent, obligation de rester souriant.
  • Le manque d’autonomie et de participation aux décisions.
  • Les relations avec les collègues et/ou la hiérarchie.
  • Les conflits de valeurs : l’impression de ne pas pouvoir faire un travail de qualité, ou utile.
  • L’insécurité : la peur de perdre son poste, de ne pas évoluer comme on l’espère…

Détecter les signaux du stress au travail

Le stress au travail engendre des symptômes physiques variés : douleurs (articulaires, musculaires, maux de tête et de ventre,…), troubles du sommeil, de l’appétit et de la digestion, sensation d’essoufflement, sueurs anormales.Il provoque des symptômes émotionnels : sensibilité et nervosité, crise de larmes, excitation, tristesse, démotivation, sentiment de mal-être…Il occasionne des symptômes intellectuels : troubles de la concentration et de la mémoire, peur de prendre des décisions…

Quelles sont les conséquences du stress au travail pour l'entreprise ?

Le stress professionnel ne pèse pas uniquement sur la santé des salariés. Il génère aussi des répercussions directes sur le fonctionnement et la performance de l'entreprise. Absentéisme, turnover élevé, baisse de la qualité du travail, dégradation du climat social... Les coûts humains et économiques sont réels, et souvent sous-estimés par les organisations. 

Voici les principaux impacts observés : 

● Hausse de l'absentéisme : en 2023, les maladies psychiques reconnues d'origine professionnelle ont progressé de 25 %, et 12 000 accidents du travail étaient liés aux risques psychosociaux² ; 

● Turnover important : un salarié en état d'épuisement professionnel quitte plus facilement son poste, ce qui génère des coûts significatifs de recrutement et de formation ; 

● Baisse de la qualité du travail : fatigue et démotivation augmentent le risque d'erreurs et réduisent la performance collective ; 

● Dégradation du climat social : les tensions entre collègues, l'isolement progressif et les difficultés managériales fragilisent la cohésion de toute l'équipe. 

Face à ces enjeux, l'employeur a une obligation légale de protéger la santé physique et mentale de ses salariés, conformément à l'article L. 4121-1 du Code du travail². Cette obligation implique notamment d'évaluer les risques psychosociaux dans le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) et de mettre en place des actions de prévention du stress collectives, adaptées à chaque contexte de travail.

Comment accompagner un salarié en situation de stress au travail ?

Lorsqu’un salarié présente des signes de stress, le rôle du dirigeant, du manager ou des équipes RH est d’abord d’ouvrir un espace de dialogue. L’échange doit se dérouler dans un cadre confidentiel, avec une posture d’écoute, sans jugement ni remise en cause du ressenti exprimé. Il ne s’agit pas de poser un diagnostic médical, mais de comprendre les difficultés rencontrées et d’identifier les éléments liés au travail qui peuvent y contribuer. 

Selon la situation, plusieurs mesures peuvent être envisagées avec le salarié : 

  • Réévaluer temporairement sa charge de travail ; 
  • Clarifier ses priorités ; 
  • Aménager son organisation ; 
  • Renforcer son accompagnement managérial ; 
  • Intervenir sur une difficulté relationnelle. 

Les solutions doivent être adaptées au contexte et faire l’objet d’un suivi afin de vérifier leur efficacité dans le temps. 

Lorsque la situation l’exige, le salarié peut être orienté vers le service de prévention et de santé au travail, le médecin du travail, les représentants du personnel ou les membres du CSE. En cas de risque grave ou de souffrance importante, l’entreprise doit agir rapidement pour protéger la personne concernée et éviter que la situation ne se dégrade.